1. Organisation de l’offre de soins à rendre plus efficiente
- Offre de soins, hospitalière ou libérale inférieure à celle rencontrée dans l’Hexagone.
- Nombre de lits de médecine chirurgie et obstétrique (MCO) : 654 lits/100 000 habitants en Martinique
- Importantes difficultés de gestion rencontrées par la plupart des hôpitaux ultramarins
2. Exposition de la population à des risques naturels particuliers, supérieurs à ceux rencontrés dans l’Hexagone :
- risques sismiques
- risques climatiques
- risques environnementaux
- risques infectieux (VIH, dengue, chikungunya, zika, paludisme)
Les épidémies peuvent entraîner des décès, notamment parmi les populations les plus fragiles ou des incapacités temporaires coûteuses. Elles perturbent profondément aussi bien le système de soins (saturation des services hospitaliers, incapacité frappant également les professionnels de santé) d’un territoire que son tissu socio-économique (tourisme, transports aériens, services, etc.).
3. Vieillissement accentué de la population
Le vieillissement de la population s’inscrit dans un contexte économique marqué par un sous-équipement en établissements médico-sociaux et des caractéristiques socio-économiques difficiles. Les projections démographiques disponibles soulèvent la question de la prise en charge de la dépendance des personnes âgées et particulièrement celle des personnes de plus de 80 ans. Les services à la personne sont assez bien représentés mais doivent être développés afin de répondre aux besoins et à la volonté du maintien à domicile. Les taux d’équipement (Ehpad) sont eux très inférieurs à l’Hexagone.
Enjeux :
- Amélioration du maintien à domicile (appui aux aidants, services d’aide à domicile, adaptation du logement, services de soins infirmiers à domicile, formations, adaptation des logements à la prévention des chutes, monte-escaliers…)
- Renforcement du personnel soignant
- Professionnalisation des aidants à domicile
- Amélioration des équipements permettant la prise en charge de la grande dépendance
- Recherche de dispositifs innovants de services regroupés
- Coordination et territorialisation des secteurs sanitaire et médico-social
- Initiation de projets de télémédecine appliqués aux personnes âgées en institution et à domicile
4. Prise en charge des maladies chroniques
- Plus grande proportion de certains cancers comme celui du col de l’utérus (Guyane) ou celui de la prostate (Antilles, Guyane).
- Inégalités sociales et géographiques vis-à-vis du dépistage ou de la prise en charge du cancer
- Vieillissement de la population
- Retard en équipement lourds (IRM, PET-Scans, dispositifs de radiothérapie et d’imagerie, etc.) et en infrastructures hospitalières
- Insuffisance de spécialistes (oncologues, anatomocytopathologistes…)
- Caractéristiques étiologiques de certains cancers (maladies infectieuses, exposition environnementale à des agents cancérigènes)
- Prévalence de certains déterminants de santé (pauvreté, précarité, moindre niveau d’éducation)
- Eloignement géographique
5. Prévalence du surpoids et de l’obésité, mais aussi de la morbidité associée (diabète, hypertension artérielle, maladies cardio-vasculaires)
La prévention, le dépistage et la prise en charge de l’obésité et des pathologies associées sont une priorité de santé publique identifiée par les programmes régionaux de santé. La spécificité de la situation alimentaire en outremer est étroitement liée aux particularités culturelles et économiques (mais aussi géographiques et climatiques) ainsi qu’aux productions agricoles locales.
Cette situation a impliqué la rédaction, pour la première fois, d’un plan spécifique pour les populations d’outremer dérivé du Programme national nutrition santé (PNNS) 2011-2015 et du Plan Obésité (PO) 2010-2013 qui propose
- d’adapter les références du PNNS au contexte culturel et géographique des territoires (représentation des aliments)
- de mettre en valeur les ressources locales et les produits familiers pour les populations concernées
- de favoriser le développement de certaines filières agricoles et agroalimentaires locales par un véritable partenariat avec l’agro-industrie
- de prévenir le surpoids important des jeunes accouchées en s’appuyant sur l’école de sages-femmes de la Martinique, compétente pour la Caraïbe française
- de traiter les spécificités des questions de dénutrition en Guyane et à Mayott
La loi n° 2013-453 du 3 juin 2013 visant à garantir la qualité de l’offre alimentaire dans les outre-mer, dite « loi Lurel », a imposé de rendre identique la teneur en sucre des produits alimentaires distribués dans l’Hexagone, dans les DOM et les COM (hors Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et Walliset-Futuna). Cependant, cette obligation, dans l’attente d’un arrêté interministériel, ne s’applique pas encore aux produits alimentaires issus de la production locale ou importés, généralement plus sucrés que ceux distribués dans l’Hexagone.
6. Surmortalité infantile des DOM
Un taux de mortalité infantile en moyenne deux fois plus élevé : 7,8 décès/1 000 (Outremer) 3,8/1 000 (Hexagone) 7,2/1 000 en Martinique
Source : enquête réalisée par la Drees (2012), Période 2000-2008
Pas de cause médicale unique dans cet écart. La Drees relève tout de même que "la surmortalité infantile des DOM est surtout attribuable aux décès dus à une affection de la période périnatale" terme qui désigne aussi bien les "complications de la grossesse" que des affections hémorragiques ou respiratoires du nouveau-né. Après 28 jours, le taux de décès par maladie infectieuse et mort violente reste plus élevé dans les DOM, mais ces causes sont rares.
Credits:
Inclut une image créée par SeppH - "foot premature child"