Histoire des Flash
Surnommé "Le Bolide Écarlate", le personnage de Flash est un super-héros relevant de l'univers des comics de l'éditeur DC Comics (Batman, Superman, Wonder Woman, Aquaman, Green Lantern, etc.). Il symbolise l'idée même de vitesse du fait de son pouvoir qui lui permet de se déplacer à très haute vitesse. Il connut de multiples incarnations au cours des 80 ans de publication du personnage, dont quatre majeures et directes: Jay Garrick, Barry Allen, Wally West et Bart Allen. Au-delà de ces personnages que nous allons détailler, les plus curieux pourront aborder la découverte des grandes étapes du personnages grâce à ce guide de lecture (en anglais).
Jay Garrick
Le premier personnage portant le nom de "Flash" fut Jay Garrick. Créé par Gardner Fox et Harry Lampert, il apparait Flash Comics #1 en janvier 1940, sous-titré "The Fastest Man Alive". Sa caractérisation l'associe immédiatement avec l'idée de vitesse: il arbore un éclair jaune sur son haut rouge et son casque, dérivé de celui des militaires de la Première Guerre Mondiale, est orné par deux ailes qui rappelle les chaussures du dieu grec Hermès, dieu messager caractérisé par sa rapidité.
Le personnage appartient à ce que l'on appelle "l'Âge d'or des Comics", la période des premiers grands super-héros comme Superman, Batman ou Wonder Woman et qui s'étend de 1938 au début des années 1950. Ces héros, ou versions de héros, intègreront plus tard la Terre II dans le Multivers DC pour expliquer la création de nouvelles versions d'eux-mêmes. En tant que héros, il fait partie de la Société de Justice d'Amérique avec, entre autre, la première version de Green Lantern ou encore le boxeur Wildcat (tous trois personnages principaux de la saga 52 de 2006).
Symbole de vitesse, Jay Garrick est réputé pouvoir atteindre la vitesse du son. Étudiant à l'Université, le jeune Jason Peter Garrick respire des vapeurs toxiques consécutives à une expérience ratée dans un laboratoire de l'université. Cet accident lui confère sa super vitesse et c'est à la suite de cela qu'il se construit le personnage de Flash pour rendre la justice.
Barry Allen
S'il ne faut retenir qu'un nom pour Flash, ce serait celui de Barry Allen, créé par Robert Kanigher et Carmine Infantino puis mis en scène par John Broome. Le Flash de l'Âge d'Argent demeure encore aujourd'hui l'incarnation principale du personnage, puisque c'est lui qui est réapparu dans les années 2000 à la suite de plusieurs gros événements impliquant l'ensemble du Multivers DC (Flashpoint, New 52...). Lors d'un des derniers "reboot" de celui-ci, à l'occasion de Flash: Rebirth, c'est Barry Allen qui endosse, à nouveau, le costume de Flash. C'est également lui qui incarne Flash dans la série télé.
Apparu dans les années 1950, Barry Allen travaille à la police scientifique et acquiert ses pouvoirs à la suite d'un accident dans son laboratoire. Désormais doté d'une super-vitesse, il s'inspire d'un héros de comics qu'il lit: le Flash incarné par Jay Garrick! Les deux personnages sont en fait issus de deux univers parallèle: Jay sur la Terre 2 mais aussi sujet de comics sue la Terre 1 où vit Barry. Les deux personnages seront ainsi amenés à se rencontrer plusieurs fois dans les années 1960, notamment dans un récit célèbre: "Flash of Two Worlds". C'est que le personnage de Flash appelle un jeu sur les paradoxes temporels (Barry peut à un moment voyager dans le temps) ainsi que sur l'ubiquité du fait de sa super vitesse (il parvient à se dupliquer).
Barry Allen incarne donc Flash jusqu'au milieu des années 1980 et le grand événement Crisis on Infinite Earths. Au cours de celui-ci, Barry Allen meurt en sauvant l'ensemble du Multivers. Il sera remplacé par son "sidekick", Wally West, pendant une vingtaine d'années. Il revient pourtant à la fin des années 2000 à la suite d'un autre événement, Final Crisis, pour pleinement endosser le costume du Flash "régulier" durant la remise à plat de tout l'univers DC en 2011: The New 52. Dans cette série, le personnage est repris à 0 sous la houlette de Francis Manapul (au dessin) et de Brian Buccellato (au scénario). C'est de cette version récente que viennent les planches ce-dessous, et notamment la grande frise composée de plusieurs doubles-pages et qui représentent différentes lignes temporelles. En 2016, nouvelle relance de l'univers avec Rebirth et de nombreuses révélations autour des différents Flash, Barry Allen y occupant toujours une place centrale.
Wally West
Wally West est donc la 3e incarnation de Flash dans l'Univers DC, créé par John Broome et Carmine Infantino. Si sa carrière en tant que Flash débute après Crisis on Infinite Earths (1985) et la mort de Barry Allen, le personnage existe depuis de nombreuses années. En effet, dès 1959 Wally intègre le personnel super-héroïque en tant que "Kid Flash", le jeune acolyte de Flash (à l'instar de Robin pour Batman ou d'Aqualad pour Aquaman, deux personnages avec lesquels il crée les Teen Titans, une équipe de jeunes superhéros). Cet article de blog détaille un peu la relation entre ces deux versions de Flash.
Wally est ainsi d'abord le neveu d'Iris West, la fiancée de Barry Allen. Lors d'une visite du laboratoire de Barry, le même accident qui avait conféré ses pouvoirs à ce dernier se reproduit et frappe Wally, lui accordant la même super-vitesse que celle de son oncle (par alliance). Devenu Kid Flash, il endosse un costume proche de celui de Flash, mais où le jaune prend le pas sur le rouge.
En tant que Flash, durant les presque 30 ans où il endosse le costume, Wally constitue un bel exemple des super-héros de l'Âge Moderne: il perd une partie de ses pouvoirs, révèle son nom pour que soit connu le sacrifice de Barry, gagne au loto, mène une vie de Golden Boy, perd sa fortune, connaît une phase dépressive, retrouve une stabilité, se marie à une journaliste, Linda Park avec qui il a deux enfants, Jay et Iris, etc. Tout ceci ajoute des fils d'intrigue intéressants, plus intimes, au personnage. Mais Wally West disparaîtra en 2011 au profit du retour de Barry Allen pour revenir finalement lui-même en 2016.
Bart Allen
Quatrième et dernière incarnation de Flash, mais aussi sa plus brève, Bart Allen, créé par Mark Waid et Mike Wieringo débuta lui aussi sa carrière de Bolide en tant que "sidekick" de super-héros sous le nom d'Impulse. Son histoire est, comme souvent avec les Flash, compliquée et mêle plusieurs dimensions et de multiples lignes temporelles. En effet, Bart vient du futur et est un descendant non seulement de Barry Allen mais aussi du rival des Flash, le professeur Zoom. Envoyé dans le passé pour que Wally West l'aide à gérer les soucis causés par la Force Véloce sur son métabolisme, il s'établit donc dans le présent et reçoit le patronage de divers Bolides comme Johnny Quick et Max Mercury. Ce n'est qu'après un début de carrière en tant qu'Impulse qu'il devient le nouveau Kid Flash sous la houlette de Wally West.
Bart Allen devient le quatrième Flash en 2006, à la suite de la mini-série Infinite Crisis. Dans ce récit, un super-vilain, Superboy-Prime, cherche à bouleverser à nouveau le Multivers. Les Bolides, Flash (Wally West) et Kid Flash (Bart Allen) en tête, tente de l'emprisonner dans la Force Véloce. Mais Superboy-Prime leur échappe, Wally West disparaît (emportant avec lui sa famille) et Bart revient plus vieux de quelques années, adulte donc, avec le costume classique de Barry.
La série qui lui est dédiée, Flash - The Fastest Man Alive - ne durera que quelques mois (13 numéros seulement). Elle ne trouve pas son public et la mort de Bart Allen, assassiné par les Lascars ("The Rogues" en VO) est décidée pour laisser place au retour (provisoire) de Wally West. Le personnage reviendra toutefois plus tard, en tant que Kid Flash et en version adolescente, au gré des changements de cap éditoriaux de DC Comics.
Pouvoirs de Flash et Force VÉloce
Si Flash est historiquement caractérisé par une super-vitesse il est intéressant d'étudier la manière dont ce pouvoir, assez simple de prime abord, trouve des expressions narratives étonnantes et surprenantes. Ainsi, le pouvoir peut se décliner en quantité d'applications qui vont façonner le personnage de Flash, délimiter son champ d'action et permettre de construire la dramaturgie des différentes aventures vécues par le héros. Surtout, l'introduction d'un "background" avec la Force Véloce inscrit le personnage dans des enjeux supérieurs qui en font une pièce centrale du multivers de DC Comics.
Pouvoirs des Flash
Si Flash est évidemment d'abord caractérisé par sa super-vitesse, celle-ci trouve des applications plus ou moins attendues. Voici une liste des principaux pouvoirs déployés par les différentes versions de Flash au gré de ses aventures.
- Super-vitesse: de la vitesse du son (avec le "boum" supersonique produit) jusqu'à la vitesse de la lumière. Les applications physiques sont nombreuses: Flash peut marcher sur l'eau ou défier la gravité en montant sur les murs. Il guérit aussi de manière accélérée. Mais les applications de la super-vitesse ne concerne pas que le mouvement: Flash peut également lire à une super-vitesse!
- Vortex produit soit en tourbillonnant autour d'une cible soit en faisait tourbillonner ses bras. Flash peut supprimer l'oxygène d'une zone ce faisant.
- Intangibilité: Par vibration moléculaire, Flash peut se rendre intangible (et ainsi éviter les collisions ou les projectiles).
- Passe-muraille: toujours par vibration moléculaire, Flash peut traverser les solides (et donc les murs).
- Absorption de l'énergie cinétique: Flash peut "voler" l'énergie cinétique des objets et personnes autour de lui. Il peut ainsi arrêter les balles qui le visent. Il peut aussi transmettre cette énergie cinétique.
- Production d'électricité: grâce à sa vitesse, Flash peut produire de l'électricité et la décharger sous forme d'éclairs.
- Résistance à la télépathie: Flash pense tellement rapidement qu'il échappe ainsi à l'influence des télépathes.
- Voyage inter-dimensionnel: Flash peut passer d'une dimension à une autre par les vibrations que sa super-vitesse produit. C'est pour cela que son destin est intimement lié à celui du Multivers de DC comics.
- Voyage dans le temps: en certaines occasions, Flash parvient à voyager dans le temps grâce à sa super-vitesse.
La "Force Véloce" (ou "Speed Force" en anglais)
La "Force Véloce" constitue le phénomène à l'origine des pouvoirs des "Bolides" (ou "Speedsters" en anglais) de l'univers DC Comics. Le concept est apparu tardivement dans la publication, avec Wally West, mais est intimement lié à l'histoire Barry Allen puisqu'il s'avère, après résolution de moult paradoxes temporels que ce dernier a provoqué l'apparition cette Force Véloce, au moment de sa propre disparition à l'issue de Crisis on Infinite Earths!
De manière basique, la Force Véloce est ce qui justifie que le Bolide résiste à la friction de l'air qu'il devrait subir du fait de sa super-vitesse. En effet, chaque Bolide possède une aura de Force Véloce qui le protège de ce phénomène physique. C'est ensuite l'énergie dans laquelle puise les Bolides pour atteindre leur super-vitesse ou pour produire des éclairs. Car il y eut des Bolides avant même les Flash, tels Johnny Quick ou Max Mercury. Enfin, les bolides antagonistes de Flash (appelés Zoom et/ou Reverse-Flash) ont tous des liens, divers et parfois alambiqués, avec la Force Véloce.
Certains bolides parviennent même à créer des éléments solides à partir de la Force Véloce. Wally West s'en servira pour créer des objets tandis que Bart Allen inventera un dérivé de cette technique pour créer des clones de lui-même envoyés dans le futur afin d'anticiper l'avenir.
La Force Véloce se définit ensuite comme une réalité à part entière, une dimension, en marge de la nôtre, dans laquelle les Bolides peuvent pénétrer et dans laquelle ils peuvent être retenus, comme prisonniers (c'est ce qui arrivera à Wally West). Comme autre dimension, point de jonctions entre les diverses dimensions "classiques" du multivers, elle justifie cette capacité des Bolides à effectuer des voyages inter-dimensionnels. Et en tant qu'espace, que lieu, la Force Véloce endosse des apparences multiples et souvent déconcertantes.
En effet, la Force Véloce est intimement liée à l'écoulement du temps. C'est grâce à elle que les Bolides peuvent maîtriser le cours de temps, revenir dans le passé ou voir l'avenir. Dépasser la vitesse de la lumière permet aux Bolides d'acquérir cette capacité d'utiliser la Force Véloce pour contrôle le flux temporel.
En somme, la Force Véloce constitue non seulement un outil narratif complexe mais très pratique pour les scénaristes qui souhaitent modifier l'univers de DC Comics mais aussi et surtout une représentation et construction mentale de l'idée même de vitesse.
Déclinaison de Flash et de la super-vitesse en dehors de DC comics
Si Flash incarne l'idée même de super-vitesse, ce type de pouvoir se retrouve néanmoins dans d'autres supports. On pourrait par exemple aller voir du côté du rival Marvel qui possède aussi un "Bolide" parmi sa population de Mutants (les X-Men): Vif-Argent (ou Quicksilver en VO). On pourrait aussi le comparer aux autres héros DC Comics pour voir ce qui le distingue de Superman, également doté d'une super-vitesse, ou de Wonder Woman, qui bénéficie des dons de la vitesse et du vol grâce au Dieu Hermès. Ou encore de Captain Marvel / Shazam qui lui aussi possède un don de vitesse divin (le M de son nom renvoie à Mercure dont il tire sa super-vitesse).
Mais ce sont surtout les avatars de Flashs dans d'autres médias qui vont ici nous intéresser parce qu'ils disent du personnage et de son imaginaire.
Le Fan: Sheldon Cooper ("The Big Bang Theory")
Le personnage de Sheldon Cooper, héros de la série The Big Bang Theory, incarne une des figures emblématiques des cultures populaires des années 2000-2010. La sitcom dont il est issu met en scène 4 jeunes scientifiques - Leonard, Sheldon, Howard et Rajesh - travaillant à Caltech, l'Université scientifique de Californie, et vivant, pour les 2 premiers, en collocation à Pasadena. La série, dès son générique, semble placée sous le signe de la vitesse comme l'illustre la course effrénée de l'histoire du monde que l'on y observe.
Sheldon, spécialisé en physique théorique, est présenté comme un surdoué. Il intègre l'université à 11 ans, obtient son 1er doctorat à 16 (il aura un second, ainsi qu'une maitrise et un diplôme de notaire), reçoit de nombreux prix et possède un des plus hauts QI de la planète. Mais il est aussi et surtout absolument invivable, persuadé d'être absolument supérieur à tout le monde, en toute circonstance, incapable d'interactions sociales normales et catastrophique quand il s'agit de percevoir le second degré (des traits qui le rapprochent du syndrome d'Asperger).
Il est, enfin, et cela avec ses 3 amis, au-delà du stéréotype du nerd, un représentant emblématique de la culture geek. À ce titre, Sheldon se révèle fan de SF (Spock de Star Trek est un des ses modèles, les allusions à Star Wars et Georges Lucas sont nombreuses et il possède un grille-pain Battlestar Galactica), joueur de jeux vidéo (retrogaming, wii, Red Read Redemption, GTA ou encore World of Warcraft sont au menu de la série) et amateur de comics (un des lieux de la série est le comic store où les héros se réapprovisionnent toutes les semaines).
Sheldon et la culture geek: "Rock-Paper-Scissors-Lizard-Spock"
Sheldon est enfin réputé pour ses T-shirts, manifestes expressifs de sa personnalité et de ses goûts. C'est ainsi qu'il arbore fréquemment divers t-shirts à l'effigie de Flash, son super-héros préféré. La récurrence de ce motif dans la série aura même une conséquence dans une autre série télévisuelle: dans le pilote de la série Flash, le héros arbore un T-shirt avec la phrase culte de Sheldon, "Bazinga"! En outre, Sheldon déguisé en Flash existe en figurine Funko Pop.
Ce choix de Flash comme héros de référence s'explique notamment par la valorisation de la vitesse chez Sheldon. Sheldon est en effet celui qui scolairement va plus vite que les autres, se veut toujours en avance sur les autres et surtout pense beaucoup plus vite que les autres. Ce sont les dimensions symbolique et cérébrale du Flash qui se trouve ainsi investies par Sheldon, les dimensions physique et donc fantastique demeurant largement fantasmées.
Mais comme le comportement de Sheldon implique une forme de porosité entre le réel et l'imaginaire, cela donne quelques séquences où Sheldon se coule plus ou moins complètement dans le personnage de Flash. Ainsi, dans l'épisode 18 de la saison 02, Sheldon délire après avoir bu un café:
L'épisode 11 de la saison 4 voit également Sheldon vêtu du costume de Flash. Nos 4 héros vont passer la nuit du Nouvel An dans leur comic store favori (où doit se dérouler un concours de déguisements). Ils parviennent à convaincre Zack, le petit ami de Penny, de venir avec eux déguisé en Superman. Penny se voit attribué le costume de Wonder Woman. Mais la jeune femme n'est pas enthousiasmée par la perspective de cette soirée et prend mal l'insistance de Sheldon à lui faire arborer une perruque brune pour parfaire son déguisement.
L'épisode se conclut par un fantasme de Sheldon qui se rêve en Flash pour courrir crier sa frustration dans le Grand Canyon.
le Bolide anti-héros: A-Train ("The Boys")
Popularisé par une série télé à succès en 2019, The Boys est avant cela un comic book de Garth Ennis et Darick Robertson. La BD, publiée entre 2006 et 2012, compte 72 numéros regroupés dans une vingtaine de volumes TPB (Tradepaper Back) et 6 gros tomes dans l'édition Deluxe.
L'action nous situe dans un monde contemporain du nôtre, à la différence que les super-héros y existent. Mais ils sont artificiellement créés par une entreprise, Vought, spécialisée dans l'armement, qui se sert de ces "produits" dans des buts commerciaux (marketing, publicité, industrie du divertissement dans son ensemble - films, comics... - etc.). Pour autant, si les super-héros doivent donner le change en accomplissant des exploits globalement mis en scène, les individus se révèlent épouvantables: corrompus, violeurs et criminels. Ils méprisent les gens normaux et abusent constamment des privilèges de leur statut et de leur célébrité.
L'intrigue se concentre sur l'équipe phare de Vought, les Sept, et sur les actions menées par une équipe improbable, lointainement pilotée par la CIA, qui cherche à neutraliser les méfaits et à limiter l'influence de ces super-héros Potemkine. À l'aventurier sans scrupule Butcher s'adjoint un jeune homme sans histoire, écossais, Hughie, victime d'un dérapage de la part d'un super-héros, membre des sept, dont le pouvoir est la super-vitesse: A-Train. Le comics comme la série télé d'Amazon Prime Video, s'ouvrent sur cet événement qui fait basculer Hughie dans la lutte contre les super-héros.
1. Quel effet cinématographique est ici employé? Dans quel but?
2. Que dit cette scène au sujet de la vitesse?
3. quelle vision du super-héros cette scène produit-elle?
Voici la même scène, dans le comics. Par la suite, nous nous concentrerons sur la série télé, qui divergent en plusieurs points du matériau source.
Quelles différences observez-vous entre les deux mises en scène?
Les Sept sont construits comme une parodie grinçante de la Justice League. Chaque héros réfère plus ou moins avec l'une des grandes icônes, pour ne pas dire un des grands archétypes de cette équipe, en en proposant une version dégradée et inquiétante. Homelander se révèle un Superman psychopathe, Queen Maeve une Wonder Woman alcoolique et soumise, A-Train un Flash accro à la drogue et menteur, The Deep un Aquaman violeur, idiot et lâche, Black Noir un énigmatique Chevalier Noir et Translucent un Homme Invisible totalement pervers. Une nouvelle venue, Stella, caractérisée comme candide et innocente, fera son entrée dans ce cercle très fermé pour remplacé The Lamplighter, un sorte d'avatar de Green Lantern.
Dans ce contexte, la trajectoire d'A-Train condense tous les défauts qu'offrirait la super-vitesse à un individu banal et égoïste. Bouffi d'arrogance, le personnage passe toutefois son temps à fuir, littéralement, ses responsabilités. Il entretient une double-vie, mentant aux uns et aux autres, sa super-vitesse lui permettant de gérer des emplois du temps très serrés. Il se sert aussi de son pouvoir pour effacer ses traces et pour camoufler une scène de crime dans lequel il est impliqué. Il se drogue, élément qui associe une fois encore vitesse et addiction. D'autant que cette drogue lui permet de se doper et d'augmenter ses capacités et de préserver son statut d'homme le plus rapide de la Terre. Un statut menacé par la montée en puissance d'autres bolides, comme Shockwave contre lequel il doit disputer une course.
La vitesse comme outil de duplicité: "Secret Identities" par Brian Joines et Jay Faerber
Pour finir, et à titre de parallèle, cette idée d'un Flash profitant de sa vitesse pour explorer sans vergogne les travers de la bassesse humaine s'observe également dans un autre comics: Secret Identities de Brian Joines et Jay Faerber (scénario), et Ilias Kyriazis au dessin.
Cette mini-série en 7 numéros présente une autre itération du motif de l'équipe super-héroïque dans laquelle chaque membre a des secrets à cacher, la préservation de sa véritable identité étant donc cruciale. C'est pourquoi les différents membres de l'équipe entretiennent, finalement, entre eux, des relations assez distantes, voire méfiantes.
L'avatar du bolide dans cette série se nomme Rundown. Ses connaissances scientifiques renforcent encore l'association avec Barry Allen, le scientifique. Rundown profite de son super-pouvoir pour mener de front plusieurs vies: celle de super-héros, celle d'un banal salary-man et plusieurs vies familiales en différents lieux du pays. Ces quelques planches pourront donner une idée du personnage et de sa trajectoire personnelle.
À partir de la lecture de ces planches rédigez une présentation du personnage de Rundown et expliquez les usages qu'il fait de sa super-vitesse.