1. Structuration de la gestion des eaux pluviales
Plan national d'action pour une gestion durable des eaux pluviales
Il n’existe pas de Schéma directeur de gestion des eaux pluviales en Martinique. Un Plan national d'action pour une gestion durable des eaux pluviales a été lancé par le Ministère de la Transition écologique en décembre 2021.
Gestion des eaux pluviales urbaines
Les trois EPCI (CAP Nord, Espace Sud et CACEM) sont compétents. Ils disposent de la compétence
GEPU : Gestion des eaux pluviales urbaines.
GEMAPI : Gestion des milieux aquatiques et de lutte contre les inondations
Ce sont des plans nationaux imposés à tous les bassins de France qui mettent en responsabilité les maîtres d'ouvrage pour prendre des décisions, mettre en place des plans d’actions de lutte contre les inondations, etc. Ces compétences peuvent être mises en œuvre au travers de Contrats de milieux. Les EPCI doivent s'organiser pour faire un diagnostic territorial, notamment le zonage eaux pluviales et le Schéma directeur eaux pluviales qui n'existent pas pour l'instant. La gestion des eaux pluviales doit être concertée entre les EPICI étant donné que le découpage des EPCI ne correspond pas à des bassins versants. Il serait opportun que le Schéma de gestion des eaux pluviales soit réalisé à l’échelle de toute la Martinique.
Communes
Certaines communes ont déjà avancé hors zonage, comme Le Lamentin, Saint-Esprit en intégrant les dispositions sur les eaux pluviales dans leur règlement d'urbanisme.
Contrat de milieux
En Martinique, il existe le Contrat de la Grande baie Martinique- baie de Fort-de-France, le Contrat littoral sud, le Contrat littoral nord et un Contrat de rivière du Galion. La Martinique est entièrement recouverte de contrats de milieux. C’est au travers de ces contrats de milieux qu'il y a aussi des plans d'actions qui peuvent être déclenchés par les EPCI sur les eaux pluviales et sur les inondations.
Il est nécessaire dans la réflexion sur la gestion de l’eau de prendre en compte la circulation naturelle : c’est à l’Homme d'adapter ses usages aux contraintes naturelles et pas le contraire, parce que c'est souvent source de problèmes, notamment d'inondations :
- Reconstituer les ripisylves, c'est-à-dire les arbres qui sont sur les rives des rivières, en partant des essences locales et originelles pour pouvoir restructurer les lits
- Mise en pépinière d’un certain nombre d'arbres et expérimentation pour replanter des berges de rivières, pour maintenir ses berges (en collaboration avec le Conservatoire de botanique, avec l’ONF)
L’infiltration doit être favorisée pour ralentir les ruissellements notamment lors des forts évènements pluvieux. De plus, déconnecter l'arrivée de pluies avec les sources de pollution est nécessaire pour éviter que l’eau de pluie n’arrive directement dans les stations d’épuration. Normalement, les réseaux sont séparatifs (eaux usées et eaux de pluie). Toutefois, dans la réalité c’est rarement le cas. Souvent la mauvaise gestion des eaux pluviales impacte la gestion de l'assainissement.
Il est nécessaire d’intégrer la gestion des eaux pluviales dans les réflexions d'urbanisme.
Le constat est que le défi pour les collectivités est important pour parvenir à une gestion exemplaire des eaux de pluie.
2. Les actions de l’ODE en matière d’eaux pluviales
L’Office de l’eau (ODE) renforce son appui sur les questions d'eaux pluviales dans son prochain programme pluriannuel d'interventions (PPI 4). L’appui concerne classiquement les collectivités, puisque l’ODE les assiste techniquement et financièrement sur ces problématiques-là. Il est nécessaire de travailler à une programmation pluriannuelle. Des études de connaissances sont aussi en cours, notamment sur la problématique des pollutions qui sont charriées par les eaux pluviales.
L'Office de l'eau
A réalisé une monographie pour comprendre à la fois la pratique qui est faite en Martinique sur la récupération des eaux de pluie par citernes et mettre en avant les avantages et les inconvénients pour objectiver le sujet. Spontanément, on a tendance à penser qu’une cuve de récupération pluviale en-dessous de sa gouttière représente une solution.
Il s’avère que ce n’est pas toujours le cas : cela peut être une solution tampon en cas de cyclone ou de coupure d'eau mais ce n'est pas une solution qui va régler le problème des coupures d'eau potable. Cette étude monographique va bientôt être mise en ligne sur le site de l'Observatoire de l’eau sur lequel une synthèse présentant les grands enseignements de cette étude est disponible.
Cette pratique de récupération d’eau de pluie est très répandue en Martinique. La demande est très forte pour les logements collectifs. Le taux d'équipement des maisons individuelles est plutôt élevé. Toutefois, il s’agit majoritairement de systèmes sommaires tels qu’un bac mis en-dessous de la gouttière.
Remerciements :
Madame Gaëlle HIELARD, en charge des politiques de bassin et de la coopération décentralisée à l’ODE
Monsieur Emmanuel COLLIN, Responsable Pôle Information, Données et Sensibilisation / Appui stratégique à la Direction Générale de l’ODE
Pour plus d’information : www.eaumartinique.com
Credits:
Inclut des images créées par zsv3207 - "Rain water flowing from a metal downspout during a heavy rain. concept of protection against heavy rains" • Ekaterinka - "Tropical rain in Barbados island, Caribbean." • sutichak - "water rain drop on glass window" • Niks Ads - "rain water falling on hand" • Igor Batenev - "Rainwater drains off the roof." • chaoss - "raining"