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Heureux comme un hypersensible Certains la vivent comme une souffrance, beaucoup comme une force. Tous parlent de “délivrance” le jour où ils l’ont identifié. Enquête sur l’hypersensibilité et ses supers pouvoirs.

Mettons tout de suite les choses au clair. Un hypersensible n’est pas une petite chose fragile comme beaucoup se l'imaginent. "C’est un mode de fonctionnement singulier. Si on ne se comprend pas, alors on peut avoir le sentiment d’être fragile. Pas parce qu’on est hypersensible mais parce qu’on ne saisit pas comment on fonctionne", précise d’entrée de jeu le philosophe Fabrice Midal, auteur de “Suis-je hypersensible ?”

Mais alors, c’est quoi ? "C’est le fait de recevoir un nombre d’informations du monde de façon très intense et plus nombreuse qu’une personne qui ne l’est pas", explique le philosophe, lui-même hypersensible. Les neuroscientifiques ont identifié cette hyperacuité au niveau de la sensibilité, de l’émotion, de l’empathie, du cognitif et du social.

Ce qui se manifeste notamment par le fait de toujours se sentir en décalage. "Je ne suis jamais à ma place", confie Marie, 46 ans, Gardoise. "Pour l’hypersensible c’est important qu’il y ait de l’empathie, de la chaleur. Ils n’aiment pas non plus les jeux de pouvoir, ce qui leur importe c’est de faire avancer les projets. Ils ont une forte capacité d’engagement, une forte créativité. Ils perçoivent beaucoup de choses. Ils arrivent à inventer des possibilités que les autres ne trouveraient pas parfois. Et au niveau cognitif, leur pensée est parfois en pop-corn. Ils ont tellement d’informations que ce n’est pas forcément toujours très cohérent et logique. Parfois ils ont la conclusion, sans savoir par où il faut passer", décrypte le philosophe. "C’est parfois inconfortable d’avoir toutes ces informations et de les percevoir de façon toujours très forte.

Mais c’est génial", s’enthousiasme Laurent, 47 ans, ingénieur à Nîmes, qui ne veut surtout pas la réprimer. "Cultivez-la car c’est une force, un don. Vous êtes parfois secoué mais ça vous donne une force, une intelligence, une compréhension. Bien sûr, vous êtes parfois submergés mais c’est extraordinaire de pouvoir sentir les autres, sentir ces signaux faibles que les autres ne sentent pas, s’adapter aux autres", encourage Fabrice Midal.

Être hypersensible est donc une modalité de présence au monde, d’existence précieuse. Comprenez votre fonctionnement, faites la paix avec qui vous êtes, libérez-vous du regard social qui vous fait croire que vous avez un problème. Vous êtes hyperempathique, devenez-le avec vous-même. Et soyez enfin un hypersensible bienheureux comme Samantha, 28 ans, de Castelnau pour qui ça a été "une délivrance".

Entre 10 % et 25 % de la population

La notion d’hypersensible a été reconnue il y a à peine 25 ans par Elaine Aron, une psychologue américaine. Entre 10 % et 25 % de la population serait concernée. Elle a revisité le concept de sensibilité innée de Jung en 1913 qui parlait de "caractère enrichissant".

Le psychanaliste Saverio Tomasella prèfère parler d’ultrasensible et d’ultrasensibilité censés se départir de la connotation péjorative d’excès. Selon Elaine Aron, il s’agirait d’un trait génétique alors que pour le psychanaliste Saverio Tomasella, l’hypersensibilité découlerait l’histoire singulière de chacun, depuis sa vie intra-utérine.

Laurent, 47 ans : "Ce sont des atouts incroyables"

Karine, Samantha, Marie... Elles racontent leur hypersensibilité

« Je m’appelle Karine et j’ai 44 ans, j’habite Fontès dans le Gard. Un des traits de mon hypersensibilité ? Le manque de confiance en soi, j’ai du mal à me positionner. » Voilà un des très nombreux témoignages reçus après notre appel à témoin.

Les lecteurs de Midi Libre ont été plusieurs dizaines à y répondre et très hésitants aussi quand il a fallu venir parler de son hypersensibilité. Une caractéristique de ces personnalités. « On hésite, on ressasse, on imagine », explique Karine. Samantha, 28 ans, de Castelnau-le-Lez a voulu raconter son histoire « car nous sommes souvent incompris parce que nous sommes différents des autres. »

Marie, elle, a voulu témoigner de l’hypersensibilité de son fils de 5 ans « aussi émotionnelle que sensorielle. Certains bruits le dérangent, il ne supporte pas d’avoir les mains sales ou de devoir toucher certaines matières ou textures. Les températures sont également importantes pour lui. Il a beaucoup d’empathie et une mémoire époustouflante pour son âge. Il est également très sensible au stress, à la fatigue et à l’anxiété ». Avant de conclure : « Il est probable qu’il tienne de moi. Je suis très émotive, je rêve facilement, j’ai du mal à supporter la pression ou le stress. »

Tout comme Karine qui confie aussi être « une éponge qui se gonfle. Trop d’informations, d’émotions, de ressentis. Ma vie est émotionnelle. C’est une très grande chance même si ce n’est pas tous les jours facile. Ça me rapporte plus de connexions que la plupart des gens n’en auront jamais. » Laurent, 47 ans, a tenu à témoigner pour aider « les autres à prendre conscience de leur hypersensibilité. Parce que ce sont des atouts incroyables une fois qu’on en a conscience. »

Maurice barthélémy : "Mes cinq sens sont toujours au taquet"

Le comédien, réalisateur et ex Robin des bois est l'auteur de "Fort comme un hypersensible", un livre drôle et bouleversant

Dans votre livre vous parlez d'hypersensibilité avec beaucoup d'humour. Est-ce une qualité des hypersensibles ?

Oui. Les hypersensibles ont cet amour de l'humour un peu absurde, très décalé. Ce n’est pas pour rien que j'ai fait les Robin des bois avant. Comme ils se sentent différents, ils ont un humour différent.

Les hypersensibles ont de l'autodérision, du recul. J'ai l'impression que l'hypersensibilité ce n'est que du recul, car on voit les choses comme si on avait en permanence une deuxième caméra avec nous.

Et puis on ne se prend pas trop au sérieux car de toute façon comme on a une estime de nous-même qui est assez basse, on peut se moquer de nous-même sans problème.

N'est-ce pas aussi parce que l'hypersensible a une espèce d'extralucidité des choses, des personnes, des situations ?

Tout à fait. On voit les choses très clairement. On a un filtre qui fait qu'on les décrypte très rapidement. On a une forme de scanner où tous les détails comptent et on voit les choses avec beaucoup de lucidité et aussi avec pas mal d'honnêteté. C'est aussi la raison pour laquelle les hypersensibles sont des gens assez honnêtes, francs, qui ne sont pas trop dans le paraître car ils ont une sorte de vision du monde assez claire. Ce sont des personnes qui généralement trichent assez peu.

Mais cette lucidité est parfois trop forte et elle peut rendre le monde trop dur pour eux.

Quand avez-vous découvert votre hypersensibilité ?

Quand j'ai commencé à faire des recherches sur le profil de ma fille qui avait 8 ans à l'époque. Elle est très imaginative, très exigeante avec elle-même, très créative, et en même temps elle comprend beaucoup de choses. À l’époque elle était très mature pour son âge. Quand je suis tombé sur le profil des hypersensibles, je me suis dit : c'est exactement ma fille. Comme souvent l'hypersensibilité se passe de parent à enfant, par capillarité, je me suis dit : les chiens ne font pas de chats. Et c'est comme ça que j'ai découvert ma propre hypersensibilité;

Comment réagissez-vous quand vous découvrez votre hypersensibilité ?

C'est un immense soulagement ! J'ai vraiment le sentiment de comprendre enfin et de mettre un mot sur la bizarrerie que je ressens depuis toujours. Avant c'était assez angoissant de se sentir comme ça car je me sentais différent, très atypique mais je n'arrivais pas à mettre un nom sur cette différence. Ça m'inquiétait un peu parce que je me demandais si ce n'était pas un peu pathologique. Et puis tout à coup je découvre un livre d'une personne que je ne connais pas du tout et qui a exactement mon profil. Ça me soulage car je mets un nom à cet état et puis surtout je me rends compte qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans mon cas. On estime autour de 20 % de la population les personnes hypersensibles.

Après je me suis dit, j'ai des capacités, j'ai aussi des faiblesses. Je vais alors essayer d'affiner mes capacités et d'apaiser mes faiblesses. Et à partir de ce mot, très sincèrement, ma vie a changé.

Qu'est-ce qui a changé ?

Le fait de mieux se connaître on se met moins dans des situations où l'on doit s'adapter en permanence. Avant ma vie c'était de m'adapter aux gens, aux situations. Comme j'avais une estime de moi assez basse, j'avais tendance à dire que je valais moins que les autres. Aujourd'hui je ne m'adapte plus. je dis qui je suis et j'évite de me mettre dans des situations qui m'agressent. Très concrètement, ça peut être quand je rentre dans un restaurant où il a trop d'odeurs, ou alors trop de bruits, je vais dire que ça ne me va pas et qu'il faut qu'on se mette en terrasse ou que l'on change de restaurant.

Aujourd'hui je donne priorité à mon bien-être et je vais en sorte que je ne me sente pas agressé.

Par exemple comme je suis toujours à l'heure, je dis aux gens : je vais arriver très à l'heure; comme ça leur met une petite pression. Avant je me pointais et j'attendais un quart d'heure, parce qu'à Paris c'est comme ça. Par rapport à la misophonie, les bruits de bouche que je ne supporte pas, rien que le fait d'en avoir parlé dans mon livre, aujourd'hui les gens font attention, voire même ils en font trop. Je ne suis pas un psychopathe quand même (rires). J'assume qui je suis et j'essaie de moins m'adapter aux autres.

De quelle manière les choses auraient été différentes si vous aviez découvert plus tôt votre hypersensibilité ?

J'aurais peut-être aller plus vite ou éviter certaines erreurs. Mais c'est très difficile de répondre à cette question. Après coup, j'aurais préféré qu'on me dise à 20 ans que j'étais hypersensible et que mon hypersensibilité passait par mes 5 sens qui étaient au taquet, que j'avais une sur empathie, que j'avais une forte intuition, que j'avais une estime de moi assez basse et que je me mettais une pression pas possible à chaque fois que je passais des examens ou des castings, là j'aurais compris plus tôt pourquoi est-ce j'échouais à certaines auditions ou à certains castings. Ça m'aurait peut-être simplifié la vie. Mais je ne pense pas qu'on puisse refaire l'histoire une fois qu'elle est faite. Mais si aujourd'hui je devais entamer un nouveau parcours, je préférerais l'apprendre tôt. Et c'est la raison pour laquelle je suis content quand je reçois des messages de jeunes de 20 ans qui le disent : je suis tellement content de découvrir ça. Je me dis : quel gain de temps.

En tout cas, j'aurais fait le même métier. Je me serais orienté vers la comédie dans un premier temps car j'avais un vrai besoin de créativité, de faire un métier qui ne m'imposait pas des horaires, de liberté, aussi peut-être de me montrer.

Tous les hypersensibles sont créatifs ?

Oui. Il y en a dans tous les métiers. Récemment sur Instagram, un policier a pris contact avec moi et m'a dit qu'après avoir lu mon livre, il a découvert son hypersensibilité. C'est fantastique. Non seulement c'est un homme qui reconnaît son hypersensibilité, mais en plus un policier. Et c'est la preuve que ce n'est absolument pas le signe d'une fragilité ou de la féminité mais une hyper acuité en général. On a besoin beaucoup d'informations, ça nous permet d'être assez pointus et parfois ça nous embrouille l'esprit.

Le mot d'hypersensibilité est-il bien choisi au regard de ses caractéristiques ?

Non. On est plus dans la super empathie que dans l'hypersensibilité. Oui certains sont très émotifs, fragiles mais il y a aussi beaucoup d'entre eux qui ont une humeur très égale, comme la mienne, et des gens qui ne sont pas dans l'échec mais dans les innovations, les inventions.

L'hypersensibilité est tout sauf une maladie. Tout sauf une faiblesse si on la met au jour et que l'on comprend quels sont ses mécanismes, ce qu'on peut faire pour baisser au maximum toutes les contraintes qu'on a développées pour lutter contre notre sensibilité et ce qu'on peut développer dans les bons côtés. Comme notre intuition, notre créativité, notre capacité de travail importante, notre exigence...

Dans votre livre vous parlez d'autosabotage, qu'est-ce que vous entendez par là ?

Souvent l'hypersensible a une confiance en lui très basse car il a une lucidité sur lui-même qui est assez sévère. Il pense qu'il ne vaut pas grand-chose, il ne se pense pas intelligent, voire même un peu moins que les autres... Ce qui fait que dans il se retrouve dans une situation de présentation, on va tout de suite se mettre une pression et un stress terrible. Il va commencer à s'autodévaloriser : je suis nul, je ne sais pas m'exprimer devant les gens, je rougis... C'est tout ce processus d'autodévaluation que j'appelle l'autosabotage. Ça il faut s'en débarrasser.

Mais comment ?

En passant par une conscience qu'on a la même valeur que les autres. Et il faut qu'on trouve des trucs pour réduire notre stress. À partir du moment où on se sent plus légitime, le stress diminue. Certains passent par la sophrologie, d'autres par le yoga, la méditation, du sport, du coaching. Ce qui est sûr c'est qu'on y parvient.

Aujourd'hui, j'arrive à gérer des situations de stress comme présenter le Burger Quiz devant 1 million de spectateurs. Je me dis il n 'y a rien de grave, allons-y, prenons des risques.

Finalement vous vous êtes débarrassé de vos peurs...

Exactement ! Les deux gros chantiers que j'ai mené quand j'ai découvert mon hypersensibilité c'est de me débarrasser de mes peurs et de me débarrasser de ma culpabilité. À partir de ce moment-là, mon estime et ma confiance sont remontées, ma légitimité et tout le reste. Et mes angoisses ont diminué. Ca a véritablement modifié ma vie. Plus on a d'estime de soi, plus les gens vous renvoient une image positive de vous-même, tout se consolide. Partant de très loin, on se rend compte qu'on peut arriver à un niveau normal d'estime de soi.

Cette confiance en vous est aujourd'hui acquise ou encore fragile ?

Elle est acquise mais ça n'empêche pas qu'elle est fragile et qu'il y a des moments de faiblesse. Je sais que de toute façon je resterai quelqu'un de très organisé, que je vais toujours tout planifier à l'avance.

Quelles sont les forces de l'hypersensible ?

C'est d'avoir conscience de son hypersensibilité. À partir de là, c'est déjà une force en soi. On a mis un nom à un état dans lequel on vit depuis toujours. Après la deuxième étape c'est de calmer toutes les défenses qu'on a pu se créer parce qu'on était un peu différent. Il faut se débarrasser des angoisses, des addictions, du problème d'estime de soi, apprendre à dire non. L'hypersensible ne dit jamais non car il veut aider l'autre, il a le syndrome de l'infirmier. Il faut se débarrasser du syndrome de l'imposteur, arrêter de penser qu'on est jamais à la bonne place, à la hauteur. Après il faut profiter de nos beaux côtés : notre générosité, notre esprit qui va vite, notre esprit de déduction, d'intuition, d'imagination, et à partir de là ça devient une véritable force.

Est-ce que vos relations amoureuses ont changé ?

Ça c'est un chantier. Chez les hypersensibles, les relations sentimentales sont très compliquées. J'y travaille mais ce n'est pas encore quelque chose qui n'est pas complètement acquis chez moi.

L'hypersensible cherche deux opposés en un. Il cherche une sécurité dans le couple et en même temps une liberté absolue. Il est tiraillé entre ces deux pôles. Soit il est dans une relation trop stable et il s'ennuie, soit il est dans une relation trop instable et il a peur. C'est très compliqué, je n'ai pas la solution. je pense juste que plus on apprend à s'apaiser et à se trouver, à un moment donné on rencontre la personne qui vous va bien.

À la fin de votre livre, vous dites que le remède ultime c'est l'amour...

Je pense que tout est amour. C'est une phrase un peu bateau mais ça veut dire qu'en voyant les situations de façon bienveillante et non pas négative, on modifie sa manière d'être et la manière des autres d'être vis-à-vis de nous. La vie se simplifie.

Avant j'avais tendance un peu à toujours juger, à avoir un avis, à ne voir que le mauvais côté des choses, et puis au bout d'un moment je me suis dit que ça me pourrissait la vie. J'ai alors essayé de voir les choses de façon plus bienveillante. Ça ne veut pas dire que je ne me mets pas en colère, l'hypersensibilité déteste les injustices. Mais j'ai essayé de voir le monde autour de moi de façon plus positive qu'avant. Ce n’est pas vain de dire ça. Quand on est dans une dynamique positive, tout devient plus positif. Je le conseille à chacun et à chacune.

"Fort comme un hypersensible" de Charlotte Wils et Maurice Barthélémy (éditions Michel Lafon).

Maurice Barthélémy sera sur scène à Paris en septembre, dans une adaptation de son livre, dans un format inédit de conférence.

Calme, bienveillance, yoga, méditation... Quelques astuces pour bien vivre son hypersensibilité

"Foutez-vous la paix !" Le philosophe Fabrice Midal a fait son mantra de cette injonction. Les hypersensibiles ne cessent de se juger, d’analyser, de penser... Ils estiment souvent que leur personnalité est un défaut. La première règle pour mieux la vivre c’est donc de "se foutre la paix", Insiste-t-il.

Pour cela, la sophrologie, le yoga ou encore la méditation permettent de se détacher du mental mais aussi de dédramatiser.

"La méditation oui mais pas la méditation en pleine conscience", estime le philosophe. "Car surtout ce qu’il ne faut pas faire c’est essayer de se calmer. Car de toute manière vous êtes submergés. Vous allez juste réussir à vous culpabiliser. Donc c’est beaucoup mieux d’explorer. Ca peut amener à une transformation profonde. Une manière d’entrer en rapport avec ce qu’on vit. Je bannis la notion de volonté. Quand on n’arrive pas à dormir ce n’est pas la volonté qui va nous aider à dormir mieux. L’hypersensibilité c’est pareil. S’il suffisait de vouloir pour ne plus être angoissé, tout le monde le serait."

Se créer une bulle au travail ou chez soi, entretenir un environnement bienveillant, peut aussi permettre à l’hypersensible de se rassurer. Avec des plantes, des objets qui rassurent, par exemple.

L’hypersensible doit aussi penser à se reposer. Cela lui permet de s’extraire d’un trop plein d’émotions qui le submergent trop souvent.

Comme l’hypersensibilité est un trait de caractère et non une pathologie, les traitements médicamenteux ne sont pas nécessaires.

Dossier réalisé par Catherine Unac

Credits:

Inclut des images créées par xxolaxx - "happiness back side woman" • B_Me - "pedestrians people busy"