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10 questions sur le GHB : "la drogue du violeur" INFORMER | Février 2023 | CÉSECÉM

Depuis ces deux dernières années, de nombreux témoignages évoquent l’administration de GHB en Martinique, une substance connue sous le nom de la « drogue du violeur ». La période particulièrement festive du carnaval appelle à la vigilance et à une information précise à ce sujet. D’où vient cette substance ? A-t-elle toujours été utilisée comme une drogue ? Quel a été son usage à l’origine ? Quelles sont les différentes précautions à avoir ? qu’en dit la loi ? Quelles sont ses effets ? Le CÉSECÉM vous propose d’y voir plus clair à travers ce 10 questions/réponses.

1) Qu’est-ce que le GHB ?

  • Contraction verbale de la molécule gamma-hydroxybutyrate ou Gamma OH.
  • Utilisé, à l’origine, en guise d'anesthésiant dans le milieu hospitalier pour le traitement de la narcolepsie (trouble du sommeil chronique) et comme anesthésiant préopératoire.
  • Incolore, inodore et sans goût, il disparait de l'organisme au bout de quelques heures.
  • A une forte dose (accidentel ou provoqué) le GHB peut être extrêmement dangereux.

2) Pourquoi parle-t-on de drogue du "violeur" ?

Le GHB est devenu un stupéfiant en raison de son utilisation dérivée par les usagers de drogue.

La baisse de toute résistance tout en gardant un certain niveau d'éveil et une capacité à se mouvoir font de cette substance une arme pour les agresseurs sexuels, d'où l'appellation "drogue du violeur".

La drogue du violeur est la drogue de la soumission, car au-delà des agressions sexuelles, de nombreuses personnes en sont victimes à des fins d'extorsion d'argent et de vol.

Une personne sous l'emprise de GHB risque d'être encline à accepter de payer des consommations, de retirer de l'argent voire de donner son code de carte bleue.

3) Sous quelle forme peut-on trouver le GHB ?

Ce produit est généralement vendu sous la forme de poudre soluble ou de liquide, et doit être ingéré.

Liquide :

il se boit et s’injecte. La substance est similaire à l’eau, elle est indolore et très souvent insipide ou peut avoir un goût légèrement salé. Cependant ce goût, très léger, est facilement masqué dans une boisson.

Poudre blanche ou gélules :

ce qui permet sa dissolution.

Il est souvent conditionné dans une petite fiole en verre ou en plastique, ce qui facilite son utilisation dans un contexte de soumission chimique.

4) Quels sont les effets du GHB ?

Les effets sont rapides, de l'ordre de 10 à 15 minutes après l'ingestion de la substance. La drogue active dans l'organisme jusqu'à plusieurs heures selon la dose consommée.

  • Ralentissement de la respiration allant jusqu’à la détresse respiratoire
  • Sensation de chaleur et d’ivresse comparable à l’effet de la consommation d’alcool
  • Somnolence pouvant aller jusqu’à la perte de conscience communément appelée « G-hole ».
  • Mouvements plus saccadés et perte de coordination.
  • Nausées, vomissements et fièvre
  • Diminution de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque

En cas de forte dose, mélangé à de l’alcool ou d’une autre drogue, les effets peuvent entraîner des troubles extrêmement graves comme :

  • L’amnésie,
  • Les hallucinations,
  • L’anxiété extrême,
  • Les troubles cardiaques,
  • Une aggravation du système respiratoire.

Les effets dépendent de plusieurs facteurs : l’âge, le poids, la quantité absorbée, la fréquence de consommation, le mode d’administration et la prise simultanée d’alcool ou d’autres drogues.

Un surdosage peut plonger la/les victimes dans un profond coma pouvant engendrer de graves effets neurotoxiques sur le cerveau ou provoquer le décès.

5) Comment savoir si on a été drogué ?

  • Vous rendre compte le lendemain que vous avez perdu le contrôle malgré une faible consommation d'alcool et alors que cela ne vous ressemble pas.
  • Vous n'avez un souvenir que parcellaire de la soirée, ou des pans de la soirée complètement effacés (trous de mémoire de plusieurs heures), vous risquez d'avoir été victime d'une drogue du violeur.
  • Vos proches vous rapportent que vous avez eu des comportements inhabituels, que vous étiez "dans les vapes", cela doit vous mettre sur la piste d'un possible contact avec la drogue du violeur comme le GBL ou le GHB.

Si vous avez un doute, contactez un médecin pour lui exposer vos symptômes et lui demander conseil. Vous pouvez recourir à la téléconsultation afin d'accélérer le processus car la drogue du violeur n'est présente que quelques heures dans l'organisme.

6) Témoin ou victime, que faire en cas d’intoxication au GHB ?

En cas d’intoxication, le premier réflexe à avoir est de NE PAS S’ISOLER.

VICTIME

  • Drogue Info Service : 0 800 23 13 13 (numéro gratuit)
  • Viols Femmes Informations : 0 800 05 95 95
  • Violences Femmes Informations : 3919
  • Urgence police/gendarmerie : 17 (téléphone)
  • Observatoire territorial des violences envers les femmes (OVIFEM) : site | Tél. 0596 74 40 99
  • Plateforme d’écoute locale SOS KRIZ, 24h/24, 7j/7 : 0800 100 811

TÉMOIN

  • Appeler les secours
  • Emmener la personne dans un lieu sûr
  • S’assurer qu’elle respire correctement
  • La mettre en position latérale de sécurité (PLS) si elle est inconsciente

7) Quel est le profil des victimes ?

Les femmes sont principalement les cibles d’agressions sexuelles liées au GHB. Il n’en demeure pas moins que certaines victimes sont des hommes. Le nombre de victimes est cependant compliqué à mesurer car peu de victimes portent plainte lors du drame. Elles craignent de ne pas être prises au sérieux, d’être jugées pour leur consommation d’alcool, et plus encore de leur attitude lors des faits.

La plupart du temps les victimes de substances illicites ne se souviennent quasiment pas des faits, ce qui complique le dépôt de plainte auprès des forces de l’ordre.

La difficulté à prouver la présence du GHB dans l’organisme contribue au manque de prise en considération de ce phénomène.

Source : https://www.cnews.fr/france/2022-02-16/intoxications-au-ghb-la-difficile-prise-en-charge-des-victimes-droguees-leur-insu

8) Quelle est la procédure de dépistage ?

Le dépistage du GHB reste difficile à effectuer du fait de sa disparition rapide dans l’organisme et de sa présence naturelle dans le corps humain.

Il reste présent dans le sang moins de 8 heures et moins de 12 heures dans les urines, au-delà de ce délai, le taux retombe à une valeur correspondant à celle produite par l’organisme.

Si le délai pour un test urinaire ou sanguin est dépassé, il est possible de se tourner vers des instituts médico-légaux spécialisés en toxicologie afin d’analyser des mèches de cheveux, qui gardent les traces du GHB pendant 6 à 8 semaines. Les tests capillaires permettent de dater la prise de GHB à 10 jours près. Néanmoins, ces tests sont extrêmement onéreux et leur montant peut parfois s’élever jusqu’à 4 000 euros. En cas d’agression, porter plainte permet dans certains cas la prise en charge de ces frais médicaux.

9) Que dit la loi ?

Le GHB est classé sur la liste des stupéfiants sauf pour ce qui concerne son usage médical.

  • Son usage est interdit, en consommer est puni d'amendes jusqu'à 3750 € et jusqu'à 1 an de prison.
  • L’incitation à l’usage et au trafic et la présentation du produit sous un jour favorable sont interdites et punies d’amendes jusqu’à 75 000 € et jusqu’à 5 ans de prison.
  • Le trafic est interdit, sous peine d’amendes jusqu’à 7 500 000 € et jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.

source : https://www.drogues.gouv.fr/preventionghb-la-nouvelle-campagne-dinformation-et-de-prevention-de-la-mildeca-sur-le-ghbgbl-0

De plus :

  • Le fait d'administrer à une personne, à son insu, une substance de nature à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes afin de commettre à son égard un viol ou une agression sexuelle est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende.
  • Lorsque les faits sont commis sur un mineur de quinze ans ou une personne particulièrement vulnérable, les peines sont portées à 7 ans d'emprisonnement et à 100 000 € d'amende.

Lien de la loi : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000037284470

10) Quelles sont les recommandations

  • Veillez à ce que quelqu’un sache où vous allez et à quelle heure vous serez de retour.
  • Évitez de sortir seul(e).
  • Soyez attentifs à ce qu’il se passe autour de vous.
  • Si vous buvez, sachez quelles sont vos limites.
  • N’acceptez jamais un verre de quelqu’un en qui vous n’avez pas entièrement confiance.
  • Ne buvez pas quelque chose que vous n’avez pas ouvert et versé ou vu ouvrir et verser.
  • Lorsque vous buvez dans une bouteille, gardez votre pouce au-dessus du goulot.
  • Si vous revenez vers votre boisson et qu’elle a été déplacée, qu’elle a l’air différente, qu’elle semble avoir été remplie ou qu’elle a un goût étrange, ne prenez pas de risque et jetez-la.
  • Ne pas laisser sa boisson sans surveillance, en changer si ce n’est pas le cas.
  • Restez avec vos amis, ne restez pas seul et ne laissez pas un proche seul.
  • Veillez les uns sur les autres et surveillez vos consommations.
  • Hydratez-vous avec de l'eau ou des boissons sans alcool et mangez.
  • Souvenez-vous des numéros d'urgence : 18, 112 et appelez en cas de besoin.
  • Si vous êtes avec une personne en qui vous avez confiance, demandez-lui de vous aider à rentrer chez vous. Faites néanmoins attention à qui vous faites confiance car des statistiques indiquent que 70% des victimes connaissent leur agresseur.
  • Si vous commencez à vous sentir vraiment ivre après seulement un ou deux verres, demandez de l’aide à une personne de confiance ou à un·e membre du personnel de l’établissement.
  • Si vous êtes seul avec un inconnu, allez voir la personne responsable de la sécurité du lieu et demandez-lui de vous aider. Attendez pendant qu’elle ou il contacte une personne de confiance pour venir vous chercher.
  • Ne laissez pas un inconnu vous aider. En effet, il pourrait s’agir de la personne qui a mis de la drogue dans votre boisson.

Source : https://votrepolice.ch/criminalite/drogues-du-violeur/

Vous pouvez retrouver toutes les conduites à tenir, que vous soyez client ou organisateur sur le site du gouvernement :

Divers dispositifs anti-drogue du violeur ont été créés afin de diminuer les risques :

  • Des capuchons pour vos verres : en silicone, en verre, etc…
  • Des objets révélant la présence de la drogue du violeur (GHB, GBL, BD) dans votre boisson en changeant de couleur : vernis à ongle, paille, jetons révélateurs, etc…)

Soyez vigilants et vigilantes lorsque vous êtes dans des milieux festifs

Visuel de sensibilisation :

Credits:

Inclut des images créées par Fly_dragonfly - "Beautiful dramatic phantom mystical mysterious ambiguous original conceptual profile side portrait of young blonde woman on a black background. Black and white photo. triple exposure." • glazok - "dj night club party rave with crowd in music festive"