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Dr med Danuta Zemp membre du comité de l’ANQ, médecin cantonal de Saint-Gall jusqu'en 2022

Portrait

Danuta Zemp, vous avez quitté le comité de l’ANQ fin 2022, après plus de cinq ans et demi d’activité. L'ANQ vous manque-t-elle déjà ?

Oui, sans aucun doute ! J'ai beaucoup aimé y travailler. Le fait que les positions les plus diverses soient discutées de manière aussi collégiale et sur un pied d'égalité entre les cantons, les assureurs et les fournisseurs est à mon avis unique. Ma démission est motivée par des raisons professionnelles : Ayant repris la direction de la clinique Rheinburg du groupe Kliniken Valens au 1er novembre 2022, je ne peux évidemment plus agir en tant que représentante des cantons au sein de l’ANQ.

Dernier jour de travail dans le Service du médecin cantonal de Saint-Gall : Dr med Danuta Zemp avec Gabriele Metzger.

Les prestataires, les assureurs et les cantons sont représentés au comité de l'ANQ, ce qui donne certainement lieu à des controverses engagées.

C’est exact. Tous les membres du comité sont délégués par leur organisation et doivent naturellement défendre des intérêts spécifiques. Pour chaque thème, tous les points de vue sont donc automatiquement représentés et chaque sujet est abordé dans toute son étendue. Les discussions sont donc intenses, en particulier lorsqu'il s'agit de déterminer les compétences et les coûts. Les points de vue divergents sont discutés de manière objective jusqu'à ce qu'une solution viable soit trouvée. Cette collégialité marquée et cette forte culture de la discussion sont possibles parce que tout le monde poursuit le même objectif général, à savoir la qualité et l’utilité des services de santé. Cela unit et ouvre toujours la voie à un consensus.

En tant que médecin cantonal, avez-vous également eu affaire aux mesures de l’ANQ ?

Chaque canton est à la fois instance d'autorisation et autorité de surveillance, et chacun organise ces missions un peu différemment. Le positionnement et les ressources en personnel pour le domaine de la qualité diffèrent donc fortement d'un canton à l'autre.

À Saint-Gall, c'est le service du médecin cantonal qui est chargé des questions de qualité des soins, en étroite collaboration avec l'Amt für Gesundheitsversorgung. C'est pourquoi j'ai été confronté aux résultats des mesures dans le cadre de mon travail. Des résultats de la mesure anormaux, surtout s'ils sont répétés doivent être abordés activement avec les hôpitaux concernés.

Qu'est-ce qui était particulièrement important pour vous en tant que représentante des cantons au sein du comité de l'ANQ ?

J'ai essayé d’y faire entendre la voix des cantons et, pour cela, j'ai eu des échanges actifs avec mes collègues des autres cantons. D'autre part, je me suis considérée comme une ambassadrice de l'ANQ vis-à-vis des cantons, qui n’intègrent pas tous son importance et son rôle. Comme le législateur a confié la qualité et les contrats de qualité aux partenaires tarifaires, la qualité n'est pas considérée comme une priorité cantonale dans de nombreux endroits. Mais lorsqu'il s'agit d’autoriser l’exercice des médecins ou de la planification hospitalière, les cantons ont la responsabilité de se pencher éga-lement sur les thèmes de la qualité. L'ANQ offre un cadre idéal pour se coordonner et discuter de la mise en œuvre des prescriptions en la matière. Nous pouvons ainsi éviter les obligations redondantes des cantons et des assureurs, et éviter encore plus de bureaucratie pour les fournisseurs.

Quels sont, selon vous, les thèmes des mesures ayant une importance particulière pour les cantons ?

La qualité des indications et les PROMs, l'évaluation des effets d'un traitement ou d'une intervention du point de vue du patient sont pour moi d'une importance capitale. Ces deux aspects ne sont que peu analysés et il faudrait absolument leur accorder plus d'importance. Dans un pays où les prestations de santé sont très nombreuses, la qualité des indications est particulièrement importante. Au-jourd'hui, selon des estimations américaines, 20 à 30 % des interventions ne sont pas ou pas encore nécessaires. Les mesures de la qualité des indications permettent de vérifier si les patients reçoivent le bon traitement au bon moment. Pour cela, il faut que les critères d'indication soient clairs et mesurables et que tous les soignants acceptent de se pencher sur les détails.

Y a-t-il des dossiers qui ont régulièrement figuré à l'ordre du jour lorsque vous étiez membre du comité de l'ANQ ?

L'orientation stratégique de l'ANQ à la lumière des changements législatifs a constitué une priorité importante tout au long de mon mandat. L'un des résultats de ce travail est que l'ANQ assume de nouvelles tâches et élargit ses prestations, notamment en relation avec les contrats de la qualité. Nous nous sommes en outre régulièrement intéressés au développement de certaines mesures, car les mesures et leurs résultats ne doivent pas seulement servir aux cantons et aux assureurs, mais aussi aux hôpitaux et aux cliniques pour le développement de la qualité.

Où voyez-vous des possibilités de développement pour l'ANQ ?

L'ANQ assume de nouvelles tâches pour les fournisseurs et les assureurs dans la mise en œuvre des contrats de la qualité, tout cela en étroite collaboration avec les cantons. L'ANQ pourrait continuer à développer ce rôle de coordinateur et de modérateur et créer, par exemple, des offres ciblées pour assister les cantons dans leurs missions en matière de qualité. Cela serait particulièrement précieux pour les cantons disposant de peu de ressources et de savoir-faire propres. Je pourrais également imaginer que l'ANQ organise et anime à l'avenir des tables rondes régionales. Cela permettrait, notamment lorsqu'il s'agit de sanctions à l'encontre de certains fournisseurs, de synchroniser les activités relatives à la qualité des cantons et des assureurs au niveau opérationnel.

Que souhaitez-vous à l'ANQ pour l'avenir ?

Avant de parler de l'avenir, je voudrais profiter de l'occasion en exprimant mes remerciements pour le passé. Je remercie chaleureusement le comité pour l'étroit travail d'équipe et la bonne collaboration. J'adresse également un grand merci à la direction et au personnel du bureau. Leur engagement incroyable, leur implication personnelle et leur enthousiasme m'ont toujours impressionnée.

En ce qui concerne l'avenir, une chose est claire pour moi : le remboursement des prestations de santé sera à l'avenir fonction de la qualité. Cela donnera encore plus de poids à la qualité. L'assurance qualité est encore peu ancrée dans le domaine ambulatoire, car elle était jusque récemment limitée aux unité de soins hospitalières. Avec la nouvelle réglementation de l’autorisation d’exercer des médecins, par exemple, les exigences de qualité font définitivement leur entrée dans le secteur ambulatoire. L'ANQ pourrait jouer un rôle encore plus important dans l'ensemble des services de santé. Je considère l'ANQ comme un porte-drapeau et souhaite qu’elle devienne un véritable hub de qualité pour les services de santé.

Danuta Zemp, docteur en médecine, MPH, a été médecin cantonal du canton de Saint-Gall de 2017 à 2022. Auparavant, elle a notamment travaillé dans le canton du Tessin en tant que médecin cantonal adjoint et dans le canton de Zurich en tant que responsable de la lutte contre le sida. Depuis novembre 2022, elle est directrice de la clinique de réadaptation Rheinburg à Walzenhausen. Parallèlement, elle suit un cursus Executive MBA à l'université de Saint-Gall.

Photos : © Geri Krischker / ANQ; Daniela Bologna (1ère photo)