En 2022, près de 37.000 demandes de protection internationale (asile) ont été enregistrées en Belgique, soit une hausse de 40 % par rapport à 2021. Cette hausse des arrivées a accentué la pression sur le réseau d’accueil de Fedasil. Dans le même temps, Fedasil observe que les sorties des centres d’accueil restent inférieures aux entrées en raison de la prolongation de la durée des procédures d’asile et de séjour.
En conséquence, le nombre de personnes hébergées par Fedasil a augmenté tout au long de l'année 2022 et Fedasil a manqué de places.
Ci-dessous, retrouvez un aperçu des événements marquants de l'année 2022 ainsi que quelques-unes de nos infographies.
Pour accéder au rapport annuel complet, nous vous invitons à cliquer sur le lien ci-dessous.
ÉVÉNEMENTS MARQUANTS DE L'ANNÉE 2022
Janvier
En ce début d’année, plusieurs structures d’accueil (parfois temporaires) sont ouvertes en urgence pour soulager le centre d’arrivée (le Petit-Château à Bruxelles). Un centre d’accueil de nuit est ainsi opérationnel dans l’ancien Institut Bordet à Bruxelles, et 40 Mena sont hébergés dans une auberge de jeunesse à Ixelles.
Fedasil lance dans ses centres d’accueil une campagne de sensibilisation au rappel vaccinal contre le Covid-19.
Dans un contexte de pénurie de main d’œuvre, Fedasil multiplie les campagnes de recrutement (réseaux sociaux, jobdays…) dans le but d'attirer de nouveaux collaborateurs.
Vu le peu de places disponibles dans le réseau d’accueil, Fedasil et l’Office des étrangers mettent en place, à la demande du secrétaire d’Etat Sammy Mahdi, une règle de priorité pour l’accueil des personnes qui se présentent au centre d’arrivée. Les places d’accueil sont données en priorité aux personnes vulnérables, aux familles et aux personnes qui introduisent pour la première fois une demande d’asile en Europe (les ‘hits Dublin’ et les réfugiés reconnus dans un autre pays européen ne sont pas prioritaires).
Février
Depuis le début de l’année, les arrivées restent importantes et toujours supérieures aux départs des structures d’accueil. Le Conseil des ministres donne son accord pour poursuivre l’extension du réseau d’accueil. Fedasil et ses partenaires poursuivent la recherche de nouveaux sites.
Fedasil présente BELCO à ses partenaires impliqués dans la réinstallation de réfugiés en Belgique. Il s’agit du programme d’orientation culturelle développé pour les personnes réfugiées qui ont été sélectionnées par l'UNHCR et le CGRA pour une réinstallation dans notre pays.
Avec le Centre de crise national et d’autres institutions, Fedasil et l’Office des étrangers se préparent à une arrivée massive de réfugiés d’Ukraine.
Avec la baisse des contaminations au Covid-19, les mesures de prévention et les règles pour l’organisation d’activités dans les centres (sport, animations, formations, réunions de résidents, activités avec les voisins) sont assouplies.
Mars
Les premiers réfugiés du conflit en Ukraine se présentent en Belgique. L’enregistrement est organisé par l’Office des étrangers dans l’ancien Institut Bordet à Bruxelles, site déjà utilisé par Fedasil.
Fedasil ouvre un nouveau centre à Molenbeek. Vu le contexte, il héberge d’abord des réfugiés ukrainiens. L’équipe reçoit la visite du Roi Philippe et de la Reine Mathilde. Le centre accueillera un peu plus tard des demandeurs d’asile.
La tension monte devant les portes du centre d’arrivée. Faute de places en suffisance, toutes les personnes devant le Petit-Château ne peuvent y enregistrer une demande d’asile. La présence de la police est nécessaire pour garantir la sécurité de tous. Des dizaines de personnes dorment devant le centre, dans l’espoir de pouvoir s’enregistrer le lendemain matin.
Le centre d’enregistrement des Ukrainiens déménage au Palais 8 du Heysel. Chaque jour, ce sont 40 collaborateurs de Fedasil qui sont sur place pour orienter les réfugiés qui ont besoin d’un logement de crise. La Croix-Rouge flamande gère un centre d’urgence à Woluwe- Saint-Lambert (‘centre Ariane’) offrant aux réfugiés ukrainiens un accueil temporaire.
Avril
Le gouvernement prolonge les centres gérés par des opérateurs privés à Jalhay, Liège et Hasselt. Fedasil et ses partenaires préparent l’ouverture de plusieurs centres d’accueil, notamment à Dilbeek (centre Mena). Par contre, le centre temporaire de Fedasil à Geel ferme ses portes.
Fedasil bénéficie d’un appui de l’agence européenne EUAA : livraison de containers de logement dans plusieurs centres, mise à disposition d’interprètes et de personnel.
Fedasil organise une table ronde avec différents partenaires actifs dans l’accueil et l’accompagnement des mineurs étrangers non accompagnés (les ‘Mena’) en Belgique. La crise des Mena ne doit pas être oubliée dans le contexte global de la crise de l'accueil : on parle d’une « crise dans la crise » tant les besoins spécifiques sont énormes pour ces jeunes vulnérables.
Mai
Faute de places en suffisance, un système de liste d’attente est mis en place au centre d’arrivée. Deux groupes se forment devant le Petit- Château : une file pour les familles/ femmes/ Mena/vulnérables qui reçoivent une place d’accueil, et une autre pour les hommes isolés. Ceux-ci peuvent rentrer pour y enregistrer leur demande de protection, mais recevront une place en fonction des disponibilités dans le réseau.
Le centre d’accueil temporaire de Fedasil à Lombardsijde ferme ses portes. Avec l’été, le site retrouve sa fonction touristique.
Juin
Le Comité de direction de Fedasil présente à son personnel son plan de management. Il fixe les grands projets stratégiques pour les 6 années à venir.
Trois des plus anciens centres Fedasil du pays fêtent leur anniversaire. Il s’agit de ceux à Florennes (30 ans), Kapellen (25) et Broechem (20).
Fedasil et le secteur de la construction signent un accord de coopération pour orienter plus facilement les demandeurs d'asile vers les métiers de la construction. Au sein de Fedasil, une nouvelle cellule ‘Participation à la société’ est chargée de favoriser les projets de mise à l’emploi.
Nicole de Moor (CD&V) est la nouvelle secrétaire d’Etat en charge de l’Asile et de la Migration. Elle remplace Sammy Mahdi qui devient président de son parti, le CD&V. Mme. de Moor a la tutelle de Fedasil.
Juillet
Chaque jour Fedasil doit refuser l’accueil à des personnes qui se présentent devant le centre d’arrivée. L’Agence est déjà condamnée près de 1.500 fois pour défaut d’accueil. Les demandeurs d’asile concernés sont accueillis dès que possible.
Fedasil reprend à la société privée Svasta la gestion du centre d’accueil à Spa.
Le gouvernement s’accorde sur de nouvelles mesures pour augmenter la capacité d’accueil, réduire les arrivées et accélérer les départs des structures d’accueil.
La situation humanitaire devant les portes du centre d’arrivée se dégrade, malgré le soutien des ONG sur place. Plus d’une centaine de personnes dorment devant le Petit-Château. Le sentiment d’insécurité est grandissant.
Depuis le début du conflit en Ukraine, l’Office des étrangers a délivré plus de 50.000 attestations de protection temporaire. Les arrivées de réfugiés ukrainiens en Belgique sont en baisse depuis le mois d’avril.
Août
La crise de l’accueil (et Fedasil) se retrouve quotidiennement dans les médias.
Les arrivées de Mena sont toujours importantes, avec un record de 443 Mena entrés dans le réseau en août, majoritairement des garçons d’Afghanistan.
Fedasil ouvre un centre d’accueil à Machelen. Les premiers résidents viennent du centre voisin de Zaventem. Celui-ci devient un centre spécialisé dans l’accueil des demandeurs d’asile avec un ‘hit Dublin’ (des personnes qui ont déjà demandé l'asile dans un autre pays de l'UE et dont cet autre pays est responsable). L’objectif est d’y exécuter rapidement le retour vers le premier pays de demande d'asile.
Des demandeurs d’asile sont accueillis sur le site de la caserne militaire à Berlaar (Anvers), mis à disposition par la Défense. La Croix-Rouge flamande gère le site.
Suite à des problèmes de sécurité et aux nuisances dans le quartier, le centre d’arrivée ferme ses portes jeudi 18 août. La file d’attente située à l'arrière du Petit-Château est déplacée du côté du canal et le centre peut rouvrir le lendemain.
Quelques jours plus tard, le personnel de Fedasil organise plusieurs actions dans les centres en solidarité avec le personnel du Petit-Château et les demandeurs d’asile. « Ca suffit, een oplossing nu! Nous ne pouvons plus tolérer la crise humanitaire. »
Fin août, vu la situation au Petit-Château, la secrétaire d’Etat décide de déplacer l’enregistrement des demandes d’asile vers les bureaux de l’Office des étrangers au boulevard Pacheco. Les personnes qui peuvent bénéficier d’une place d’accueil sont envoyées vers Fedasil, en fonction des places disponibles.
Malgré les mesures prises, la désignation des familles et des Mena reste un véritable casse-tête pour les équipes de Fedasil. Quelques ouvertures de centres sont planifiées à court terme.
Fin août, le réseau de Fedasil dépasse le cap symbolique des 30.000 personnes hébergées. Le taux d’occupation pour l’ensemble du réseau d’accueil est de 96% (et 99% pour les centres fédéraux).
Septembre
En Belgique comme ailleurs en Europe, les demandes d’asile sont en hausse. En septembre et en octobre, on dépasse la barre des 4.000 demandes d’asile par mois.
Notre directeur général, Michael Kegels, présente sa démission à la secrétaire d’État Nicole de Moor. Fanny François (directeur Stratégie & Organisation à Fedasil) le remplace ad intérim.
Octobre
La secrétaire d'État à l'Asile et la Migration présente les résultats d’un audit externe des instances d'asile. À court terme, elle entend améliorer la coopération entre les différents services. À plus long terme, elle prône le regroupement du CGRA, de l’OE et de Fedasil en un seul service de migration.
Malgré la création d’un nombre record de places Mena en quelques mois, Fedasil n’est pas en mesure d’héberger plusieurs jeunes le 11 octobre. Ceux-ci sont pris en charge par des ONG, avant d’être repris par Fedasil. Quelques jours plus tard, ce sont des personnes en famille qui n’ont pas pu être hébergées le jour-même.
La secrétaire d’Etat Nicole de Moor annonce un ‘plan hiver’ avec de nouvelles mesures pour désengorger le réseau d’accueil. Parmi celles-ci, il y a la création d’une capacité d'urgence avec la Région bruxelloise, une hausse du nombre de décisions au CGRA, le détachement à Fedasil de personnes d'autres services publics et le départ des résidents qui disposent d’un contrat de travail stable.
Le centre de Fedasil à Rixensart fête son 25ème anniversaire et reçoit la visite du couple royal.
L’Office des étrangers déménage son centre d’enregistrement des réfugiés ukrainiens du Heysel vers le bâtiment Eurostation, près de Bruxelles-Midi. Les arrivées d’Ukrainiens sont toujours en baisse.
Le personnel de Fedasil organise une nouvelle action pour dénoncer la situation dans le réseau d’accueil. « Jusque quand peut-on accepter l’inacceptable ? »
Sur proposition du Centre de crise national, deux sites sont identifiés pour organiser un accueil de crise pour les demandeurs d'asile : l'un relève de la Régie des bâtiments à Jabbeke, et l’autre de la Défense à Glons. Fedasil va gérer les deux sites. Dans le même temps, Fedasil prépare l’ouverture de deux centres temporaires à Theux et Bredene.
En octobre, ce sont plus de 1.500 personnes qui n’ont pas été hébergées par manque de place. Une partie d’entre elles se réfugient dans des squats, le plus médiatisé étant celui rue des Palais à Schaerbeek.
Novembre
Fedasil organise la 1ère journée de rencontre avec tous ses partenaires de CONEX, un réseau qui permet d’améliorer l’information donnée aux migrants en dehors du réseau d’accueil et de les aider dans leurs choix d’orientation future.
Plus de 260 postes sont à pourvoir à Fedasil. Ces collaborateurs sont essentiels pour pouvoir opérationnaliser complètement les différents centres. Fedasil collabore étroitement avec le Forem, Actiris et le VDAB pour recruter rapidement du personnel. Fedasil reçoit aussi l’aide de fonctionnaires détachés via le programme des Special federal forces.
Décembre
Avec le froid qui s’installe dans notre pays, plusieurs solutions d’hébergement temporaires sont proposées. A Bruxelles, des bâtiments sont mis à disposition par les autorités et des associations, notamment pour les demandeurs d’asile qui campent autour du Petit-Château.
De nouvelles places d’urgence sont mises à disposition dans des tentes de la Défense installées sur le site de Glons. Ces places offrent un accueil basique et temporaire, le temps de diriger les demandeurs d’asile vers le réseau régulier.