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Le lac de Gérardmer un fantastique écrin pour la Perle des Vosges

On peine à imaginer l’un sans l’autre… Gérardmer sans son lac ? C’est comme Roméo sans sa Juliette, les fraises sans leur chantilly, la Lorraine sans sa quiche. Ils sont indissociables, liés, unis, dans leur communauté de destin. C’est mieux que le sparadrap qui colle au nez du capitaine Haddock : c’est la belle image attachée aux beaux étés, qui confère à cette commune bordée de sapins le statut de ville balnéaire, de destination de loisirs. Le reflet aussi d’un équilibre entre ville et nature, baignade et randonnée, vélo et pédalo.

Aux prémices du tourisme déjà, bien avant que le front populaire n’invente en 1936 les congés payés, le premier office du tourisme de France, qui se crée à Gérardmer en 1875, met en avant son lac. Un argument de vente déjà, dans un temps où la réclame circulait sur de belles affiches. C’est Abel Hugo, le frère de Victor qui avait ses habitudes au Manoir au Lac qui consacrera la formule passée à la postérité. C'est lui qui a surnommé Gérardmer, « La perle des Vosges ».

145 ans plus tard, le lac est là, fidèle. Il faut monter un petit peu et dompter pour certains leur vertige pour apercevoir le lac dans sa globalité. De là-haut, depuis l’observatoire de Mérelle qui dépasse les plus hauts sapins, le lac se laisse admirer comme une merveille. Du haut de la tour, quatre-vingt millénaires vous contemplent. Le témoignage, en 20 millions de m3 d’eau, du passé glaciaire du site.

De là-haut toujours, s’étendent 117 hectares de découvertes et de loisirs. Le lac de Gérardmer est un décor de cinéma. Il était à l’affiche d’« Un amour impossible » en 2018. Mais c’est aussi et surtout une invitation à pratiquer de multiples activités : plongée, canoë, voile, aviron, planche à voile, paddle. C’est la possibilité de barboter, de sauter d’un plongeoir. C’est aussi une invitation à marcher sur les sentiers qui le bordent. A s’installer dans ces appartements, hôtels, résidences de standing qui offrent leur meilleur point de vue. Ou encore à déguster une glace ou partager un repas, les pieds dans l’eau ou presque.

Gérardmer est un lac urbain, avec tous les avantages que cela confère : une facilité d’accès, la proximité avec le centre-ville. C’est aussi un lac préservé, sauvage dans sa zone protégée où des frayères naturelles permettent la reproduction et donc la préservation des poissons.

Là s’arrête la navigation et la baignade et évidemment... la pêche pour permettre aux gardons, perches, tanches, chevêches, truites, ombles chevalier et brochets de s’émanciper.

Le plus grand lac naturel des Vosges offre donc une belle cohabitation pour tous. Les bonnes années, avec des eaux entre 20 et 27 degrés (en surface !) on y plonge avec délice. Les joies des belles vacances. Et pour certains, les souvenirs d’enfance qui ne s’effacent pas. Un lac millénaire s’ancre dans les mémoires…

Les baignades se préparent

Seule zone de baignade surveillée du lac de Gérardmer, l’Union nautique se prépare à enfiler ses habits d’été. Toboggan, ponton, plage seront bientôt prêts à accueillir Gérômois et vacanciers, comme depuis des décennies.

Râteau ou scie à la main, les équipes municipales s’activent ces derniers jours au bord du lac. Travaux à l’ordre du mois : découpe du nouveau ponton, ratissage du sable et nettoyage intensif.

L’objet de toutes ces attentions n’est autre que l’Union nautique. La belle endormie enfile en effet ses plus beaux atours à l’approche de la saison estivale. « On refait le ponton comme chaque année. Il faut le reposer et découper de nouvelles parties à la place de celles abimées », explique Rémy, un agent communal. A cela s’ajoutera le plongeoir, passage obligé de bon nombre de courageux pendant les beaux jours mais aussi et surtout la préparation de la réouverture en cette période de crise sanitaire. « On s’adapte. On ne sait pas encore comment on va procéder mais on cherche des solutions, du moins une organisation pour faire appliquer les mesures barrières », confie Jean-Yves Brault le responsable de la structure, pour qui tout est pour l’heure « à prendre au conditionnel ».

« Le but est de satisfaire tout le monde »

La question se pose en effet concernant la mise à disposition de la centaine de transats et de leur désinfection systématique, ou encore des vestiaires et autres lieux communs. « Nous allons certainement condamner une colonne de casiers sur deux, pour éviter tout risque. Il n’y aurait donc plus que 45 casiers disponibles sur les 90. Nous pensons également scinder la journée en deux, avec un groupe le matin, différent du groupe présent l’après-midi. Le but est de satisfaire tout le monde », réfléchit le Gérômois. Côté loisirs, les indispensables devraient être au rendez-vous, comme les tables de ping-pong ou encore le long toboggan. Seuls probables absents, les jeux aquatiques type frites en mousse et autres planches. Mais pas de quoi entamer la motivation des principaux intéressés. « En 2018, on avait enregistré plus de 30 000 entrées pendant l’été. Il y a les fidèles et les vacanciers, mais aussi les jeunes du coin », précise Jean-Yves Brault. Un public qui attend de voir se hisser le drapeau vert de cette institution du bord du lac qui voit passer des baigneurs depuis 1886.

L’inévitable tour en bateau

Ils sont l’un des symboles de la Perle des Vosges, si ce n’est le symbole. Passage obligé pour beaucoup, élément indispensable de toute bonne photographie prise à Gérardmer ou encore madeleine de Proust de bon nombre de Gérômois, les bateliers font, depuis des décennies, partie intégrante du lac. Impossible donc d’évoquer ce dernier sans donner la parole à ceux qui le font vivre et le font découvrir à des milliers de personnes chaque année.

Pédalos et paysages de carte postale

Pour cela, une seule adresse, un seul quai et cinq petits cabanons alignés qui proposent tous de naviguer sur l’immense miroir d’eau. A commencer par l’incontournable balade en pédalo. « C’est clair que les bateaux sont l’un des attraits de la ville. Et les pédalos en font partie », sourient Michel et Sébastien, les gérants de La Mouette. Un plaisir nautique auquel ont goûté Marine, 21 ans et sa grand-mère, Mariette 73 ans. « J’avais un peu peur car c’est une première pour moi, mais c’était vraiment super. Je reviendrai l’année prochaine », rigole la septuagénaire, enthousiasmée par cette nouvelle expérience. Une joie communicative, véritable moteur pour les bateliers. « Ce genre de rencontre c’est pour ça qu’on fait ce métier, c’est magique. On offre du plaisir aux gens, c’est quand même pas mal », note Michel.

L’ère de l’électrique

Et si les pédalos ont fait les belles heures du lac de Gérardmer avec leur charme d’antan, ils se font aujourd’hui éclipser sur la carte postale par les embarcations électriques. « Maintenant ça représente la majorité des locations », observent tous les bateliers. Une offre moins sportive, mais qui permet de profiter de l’écrin naturel du lac sans le moindre effort. L’époque des barques, très prisées au début du XXème siècle, est bel et bien passée de mode, mais l’aspect nature continue de primer. « Nous proposons depuis plusieurs années déjà des bateaux solaires plus confortables et écologiques », explique Mahé de La Perle où l’heure est aux finitions avant l’arrivée prochaine des autres incontournables, les bien-nommées vedettes.

Les vedettes, stars du lac

La mise à l’eau de ces grands bateaux attire chaque année de nombreux curieux et lance officiellement la saison estivale. A leur bord, des milliers de vacanciers feront cet été encore le tour du lac et découvriront son histoire, de sa création à nos jours. « Elles devraient arriver entre le 8 et le 12 juin normalement », précise Fabien, de l’Etoile, première société de bateaux à avoir été créée ici en 1863. « J’ai repris en 2012, mais avant c’était à mon beau-père », confie le batelier. Un modèle qui se répète à chacun des cabanons.

Des héritages ancestraux

C’est d’ailleurs aussi ça, le charme des bateliers. L’idée qu’une tradition se perpétue encore et encore. A Gérardmer donc, la navigation sur le lac est une histoire de famille, de près ou de loin. Un flambeau passé de génération en génération. « Mon grand-père, Pierre Gegout a tenu La Perle, avant mon père et son beau-frère, et, depuis 2000, nous leur avons racheté la flotte avec mon frère Edouard », énumère Mahé Gegout. Cette année encore, une nouvelle transmission va se réaliser sur le fameux quai. « Je vais prendre la suite de mon père, qui tient La Chaloupe depuis 1991. J’ai travaillé ailleurs pendant des années mais là, c’est un retour aux sources. L’occasion de revenir chez moi, à Gérardmer », glisse Lény Claude dans son petit chalet de bois. Au-dessus de lui, un brochet empaillé de 1,18 m et 15 kg. « Il a été péché dans le lac en 2012 », sourit Aymeric Valdenaire, le cousin, qui arpente lui aussi les pontons de bois depuis plus de 4 ans. Une tradition. « On a tous baigné là-dedans étant jeunes, même ma mère a fait ses saisons d’été ici, pendant ses études », précise le futur propriétaire de La Chaloupe. Une ambiance conviviale et surtout familiale, qui participe à l’image de la Perle des Vosges. Dans un cadre idyllique, les bateliers sont aussi guides touristiques et conseillent sur les plus beaux endroits des environs, ou bien encore partagent les meilleurs adresses de la ville.

Le conseil à suivre

« Pendant les vacances et les week-ends, il y a souvent trop de monde. Alors le mieux, c’est encore d’attendre pour ceux qui le peuvent et de venir en pleine semaine, ou bien le matin et le soir, lorsque c’est le plus paisible », partage Michel. Aux premières heures du jour, lorsque le soleil est au zénith ou bien en fin d’après-midi, tous vous diront toutefois que personne ne se lasse du lac de Gérardmer.

Le paradis des sports nautiques et aquatiques

Pour tout amateur de sports nautiques, le lac de la Perle des Vosges représente un site idéal. Trois clubs sportifs permettent d’assouvir ses envies.

Le plus investi dans cette offre est la section de canoë-kayak. Chaque année, la base nautique est ainsi le cadre de pas moins 8.000 embarquements estivaux, qu’il s’agisse de locations ou de sorties encadrées par un technicien.

La mode du paddle

Si le canoë et sa navigation à genoux restent marginaux, le paddle représente aujourd’hui 40 % de l’activité. Et cela, à côté des kayaks monoplaces et surtout des biplaces, qui sont très demandés.

Chez le voisin de la voile, on aime organiser des stages de formation avec des moniteurs certifiés. Pour qui a opté pour un séjour d’une ou plusieurs semaines dans l’est vosgien, c’est une occasion unique de se découvrir un nouveau talent !

De l’aviron en bateaux à fond plat

La location de planches à voile, dériveurs et autres catamarans est également possible. Mais elle est réservée à des pratiquants autonomes aux compétences dûment certifiées.

De l’autre côté du lac, le club d’aviron met, lui, à disposition des bateaux à fond plat : des monoplaces, des yolettes de quatre rameurs et un barreur voire des embarcations de huit places. Pensées pour les entreprises, ces dernières sont plus grandes et plus stables qu’un huit de compétition.

De la plongée en scaphandre

Enfin, pour ceux que le sport aquatique attire, les Joyeux Têtards sont là ! L’apnée étant réservée à ses seuls adhérents, ce club propose de la plongée en scaphandre, autrement appelée plongée bouteille.

Durant les séances, on descend jusqu’à 6 m sous l’eau. L’occasion de découvrir pas mal de richesses cachées ! En commençant par toute une faune propre aux lacs de montagne avec des écrevisses ainsi que des poissons carnassiers tels que le sandre, la truite et le brochet.

La moto aux phares allumés

Côté vestiges, on trouve des bateaux coulés. Pas des embarcations militaires, mais notamment un bateau de plaisance qui a brûlé, il y a quelques années. En outre, de nombreux débris des deux dernières guerres sont faciles à observer, comme des obus, des grenades à main, des fusils, des caisses de balles, des mines antichars…

Pour ce qui est d’un éventuel tank, certains prétendent qu’il y en aurait au moins un, pris dans plusieurs mètres de vase. Sauf qu’on n’a pas encore pu le prouver. De la même manière, personne n’a jamais vu cette moto aux phares allumés, qu’une légende locale persistante veut situer sous l’eau depuis plus de 70 ans.

Dormir les pieds dans l’eau

S’installer au balcon avec de sa chambre une vue imprenable sur le lac : c’est le rêve d’innombrables visiteurs. A cet égard, l’onde lacustre géromoise est bien entourée. Par des chalets de location, des campings, mais aussi bon nombre d’hôtels qui offrent des vues imprenables sur le lever et le coucher du soleil.

A l’ouest, on citera les Reflets du lac, le Chalet au bord du lac ou encore l’Auberge au bord du lac. L’autre côté, plus proche de la ville, l’hôtel Beau Rivage, La réserve ou le Ptit Hôtel du lac.

Pour les passionnés d’histoire et amateurs de belles maisons, Le Manoir au lac est l’un des petits bijoux de la Perle des Vosges, préservé et développé par son propriétaire Claude Valentin. Ce fut le premier hôtel géromois à se hisser au classement en quatre étoiles. Avec toute l’émulation que cela a pu générer à la fin des années 90 au sein des professionnels de l’hôtellerie de Gérardmer. C’est aussi un établissement chargé d’histoire. Il a accueilli d’illustres hôtes tels que Guy de Maupassant, Renan ou Sadi Carnot. A la faveur de toutes nouvelles chambres qui s’ouvriront cet été dans un parc magnifique, on y dort bien. On y mange bien aussi dans un restaurant qui ouvre sur un panorama exceptionnel sur le lac.

Et pour ceux qui auraient l’ambition de plonger du lit au lac (ou presque), le Lido s’offre à eux. C’est le seul établissement qui a sa plage privée. Elle est ouverte aux clients du bar, mais aussi de ce restaurant bistronomique qui permet de revisiter les bons produits de la région. Le Lido, c’est un établissement étroitement lié au développement touristique de Gérardmer. C’est un vaisseau aux lignes inspirées par Le Corbusier dans les années 60, c’est aussi, depuis dix ans maintenant qu’il a été repris par Antoine et Betty Germain, un lieu apaisant, où les arts (notamment culinaires) s’entremêlent. Et c’est évidemment un hébergement recherché, avec ses appartements hôtels qui garantissent une totale liberté autour d’un concept qui séduit les familles : « le prêt-à-vivre ».

L’apéro du terroir sur le bateau solaire

Le charme du lac, c’est aussi ses tables. Des restaurants situés à deux pas des rives avec les clapotis qui rythment le déjeuner ou le dîner.

Pour ceux qui cherchent la terrasse au plus près de l’eau, les places les plus prisées sont aux Rives du Lac et au casino. Elles donnent directement sur le quai avec une vue magnifique sur le soleil couchant qui se mire dans les eaux du lac. Il est préférable de réserver pour bénéficier, à l’heure du dîner, de ce spectacle de choix.

Pas très loin, il y a également les Terrasses du lac, un resto à l’étage, ou encore le « Bourru gourmand », du côté de l’Union nautique.

Il y a aussi la Fringale, un petit établissement de restauration rapide qui travaille avec des produits frais issus de la filière courte situé près des locations de bateau. Ou à Ramberchamp, pas très loin du camping, où un petit chalet propose également des plats avec de bons produits.

L’idée la plus originale, est d’aller prendre l’apéritif… sur l’eau. C’est le concept inventé par un jeune Vosgien du secteur, Nicolas Toussaint qui sélectionne et met à l’honneur les meilleurs produits locaux. Le patron des « Saveurs vosgiennes » s’est allié avec Pierre Metayer, le capitaine de l’Ondine, un bateau à énergie solaire. Les deux comparses bien sympathiques, qui organisaient déjà à l’adolescence des apéros bien vosgiens avec du lard, emmènent ainsi les groupes pour un tour de lac qui offre tout le temps nécessaire pour découvrir et partager l’apéritif au foin, l’authentique ficelle au lard, le filet mignon fumé ou encore les bières de la région.

Reportage : Philippe CUNY - Audrey MARTIN - Yannick ANTOINE

Photos : Jérôme HUMBRECHT - L'Est Républicain

Montage : Service SUPPORT ERV