Globules et conséquences est une bande dessinée de Catherine Pioli, parue en juin 2018. Vous pourrez en trouver à son sujet une chronique sur ActuaBD.com dont s'inspire ce spark. Cette BD retrace le combat contre la maladie de son autrice, illustratrice, qui, sur les conseil de son ami et agent, s'est mise à la bande dessinée pour témoigner des longs mois d'examens et traitements durant lesquels son corps s'est trouvé radicalement altéré. La maladie en question est la leucémie, cancer des cellules de la moelle osseuse.
Lorsque le récit débute, Catherine Pioli a 32 ans. Elle nous rappelle à quel point son corps avait été jusque-là pour elle une forteresse imprenable. Longtemps en excellente santé, elle éprouve d'un coup de terribles douleurs musculaires. Son corps se bloque, médicaments et séances d'ostéopathe n'y changent rien. Débute alors un parcours du combattant pour enfin établir un diagnostic.
Catherine Pioli offre dans son album une description à la fois décalée et distanciée de ce que son corps subit à travers les examens et traitements auxquels elle est soumise. Décalée car elle parvient à traiter cela avec humour.
Distanciée parce qu'elle opte dans le même temps pour une perspective d'observatrice technique témoignant de nombre de détails physiologiques liés à l'évolution de son état de santé.
L'album devient l'occasion d'expliqué de manière didactique en quoi consiste la leucémie. L'appendice du volume se transforme même en plaidoyer pour le don de moelle osseuse au cours de la description de la greffe dont Catherine Piolia elle-même bénéficié.
Mais c'est surtout dans le détail des transformations de son corps que l'album impressionne. En effet, Catherine Pioli, dont le style graphique rappelle plutôt des dessins liés à la mode, à la jeunesse et à la santé (elle a illustré plusieurs guides marabout à destination de jeunes femmes prenant soin de leur corps et de leur santé), aborde sans fard les ravages de la chimiothérapie sur son corps: nausées, perte de poids, fatigue extrême ou encore chute des cheveux. rien n'est caché, au contraire: tout se trouve montré avec précision.
Cette évolution, violente, du corps et de l'apparence, entraine inévitablement des perturbations psychologiques. Catherine ne se reconnaît plus dans ce corps qui lui échappe, qui ne correspond plus à l'image qu'elle avait d'elle-même et qui ne répond plus à la volonté qu'elle voudrait lui imposer. Si elle doit prendre minutieusement soin d'elle-même afin de ne pas provoquer de nouveaux dommage sur son organisme, du fait de la fragilité extrême induite par sa leucémie, Catherine Pioli témoigne néanmoins du sentiment que des dégâts irrémédiables sont en train d'être causés à son corps, support de vie devenue signal de mort.