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Selon vous, la foule représente-t-elle un danger pour l'individu? Sujet d'écriture personnelle

Sujet de BTS blanc sur le thème "Seuls avec tous". Les documents de la synthèse sont à retrouver sur ce lien. Il s'agit de:

  • Gustave Le Bon, Psychologie des foules, 1895
  • René Girard, Le Bouc émissaire, 1982
  • Laurent Mauvignier, Dans la foule, 2006
  • David Silverman et Matt Groenig, Les Simpson, le film, 2007

Voici le tableau de la synthèse de documents (pdf ici, excel là)

I - Non, la foule ne représente pas nécessairement un danger pour l'individu

I - 1. Se fondre dans la foule n'est pas dangereux en soi, bien au contraire

I. 1. A. Neutralité de la foule

La foule peut d'abord être envisagée comme quelque chose de neutre. Un état de fait qui constate le rassemblement d'un grand nombre de personnes en même temps dans un même espace. À ce titre, la foule ne serait ni dangereuse, ni bienveillante, mais la simple somme d'une quantité donnée d'individus. C'est ce que l'on observe dans les espaces publics comme ceux des transports, qu'il s'agisse des couloirs et quais du métro ou qu'il s'agisse des halls de gare ou d'aéroport.

métro parisien

I. 1. B. Protection de la foule

La foule peut même être perçue comme un espace de protection de l'individu, un lieu où l'on se réfugie. C'est ce que l'on observe dans certaines scènes de poursuite dans des films d'action: un individu poursuivi cherche à se fondre dans la foule afin d'échapper à ses poursuivants. L'anonymat et la masse de la foule lui fournissant la protection qu'il recherche. C'est ce que l'on peut voir dans Hunger Games: La Révolte, partie 2: l'héroïne, Katniss, infiltrée dans la Capitale et fugitive traquée par des tueurs du pouvoir en place, tente d'échapper à ses poursuivant en se fondant dans une large foule constituée dans les rues du Capitole.

Capture d'écran de Hunger Games

C'est aussi ce que l'on observe dans la nouvelle d'Edgar Allan Poe, L'Homme des foules (texte complet de la nouvelle ici). Un individu passe sa journée dehors, à suivre les foules, craignant plus que tout la solitude et ne trouvant de réconfort que dans la fréquentation furtive de la foule.

I. 1. C. Communion de l'individu avec la foule

La foule peut même apporter une forme de bienfait à l'individu dans la communion avec d'autres individus qu'il ne connait pas nécessairement mais avec lesquels il possède une passion, un intérêt en partage. On observe ce phénomène dans de nombreuses formes de la foule. Il peut s'agir par exemple de la foule du public d'un concert, communiant avec les artistes qui se produisent sur scène.

Foule de concert

Il peut aussi s'agir d'une liesse populaire à la suite d'un événement heureux qui concerne une grande part de la société: qu'il s'agisse de victoire électorale ou plus simplement de victoire sportive, comme à l'été 2018 lorsque la France célébra la victoire de son équipe nationale à la Coupe du Monde de Football:

Les Champs-Élysées à Paris, le 16 juillet 2018, pour le retour des "Bleus" après leur sacre mondial en football.

Enfin, utiliser le mot de "communion" nous renvoie évidemment à la dimension sacrée et au religieux. La foule qui se constitue lors de grandes processions religieuses, partout dans le monde, appelle naturellement à ce principe de la communion des individus avec l'objet de la procession.

Procession à Mumbai, en Inde, lors de Ganpati visarjan en l'honneur de Ganesh
I - 2. Il peut s'agir d'une mobilisation positive

I. 2. A. En politique

Il peut s'agir de mobilisation politique apportant des bienfaits à la communauté, et donc aux individus. Le Journal international recense ainsi les dix manifestations qui ont changé les sociétés. Et sans aller vers les Révolutions qui ont parfois usé de violence, il est bon de rappeler les grandes mobilisations pacifiques et non violentes, au premier rang desquelles on trouve la "marche du sel" de Gandhi. Premier grand geste de rébellion contre l'Empire britannique, il entame une marche de plusieurs semaines pour récolter un peu de sel de ses mains et symboliquement lutter contre le monopole de l'Empire sur cette denrée. Ces sont les individus indiens écrasés par l'Empire qui trouve là une voie pour se mobiliser pour leurs droits.

La "marche du sel" de Gandhi

La foule peut être directement l'expression d'une mobilisation précise, politique ou sociale. Avec les manifestations, celles syndicales notamment, qui peuvent prendre d'autre formes, plus locales, comme avec les grèves. Nous en avions abordé un aspect avec Germinal de Zola, ou l'affiche du film d'Eisenstein vue dans le spark intitulé "Collectif(s)".

I. 2. B. Dans le domaine de la création

La foule peut être également entendue de manière positive dans le domaine de la création. Il peut s'agir d'art éphémère, comme avec les flash mob, ainsi que nous avons pu l'étudier. La foule réinvestit l'espace public, se l'approprie pour un moment éphémère souvent esthétique, ou ludique, offert aux passants qui en sont témoin.

Mais cela peut aussi recouvrir des domaines plus classiques de l'art, comme la photographie et le travail de Spencer Tunick sur les corps dénudés. Dans ses photographies, l'artiste met en scène des foules de figurants qui prennent part à un acte de création.

Spencer Tunick

Plus généralement, à une échelle moindre que la foule mais déployant néanmoins l'idée de groupe, le collectif se développe de manière globale depuis quelques années dans le domaine de la création plastique ainsi que nous l'explique Roxana Azimi dans un article du journal Le Monde (pdf ici).

I - 3. La foule peut ainsi devenir un lieu d'épanouissement de l'individu

I. 3. A. Parler et se faire entendre

La foule peut ainsi constituer un moyen d’expression qui s’ouvre d'un coup pour celles et ceux auxquel.le.s la société n'offre pas, ou que trop peu, d'occasions de s'exprimer. La foule devient un lieu où les minorités, dans leur diversité, peuvent se retrouver, s'agréger et revendiquer ensemble. ou qui porte plus loin. Un lieu où l'individu peut s'épanouir sans brider ce qui constitue son identité. C'est ce qui s'est produit le 21 janvier 2017 à Washington D.C. avec la "Marche des femmes". Ce rassemblement politique fut organisé pour promouvoir les droits des femmes, la réforme de l'immigration, et la question des droits LGBT, et pour répondre aux inégalités raciales, aux problèmes des travailleurs, et aux problèmes environnementaux. Il s'agissait, pour les organisatrices, grâce à l'ampleur de la mobilisation, de faire entendre la voix des sans voix.

La "Marche des femmes", janvier 2017

On peut ainsi évoquer les manifestations régulières défendant les minorités, comme la "Marche des Fiertés", aussi connue sous le nom de "Gay Pride". Celle-ci se produit chaque année, depuis 1970, au début aux États-Unis puis partout dans le monde. Il est à noter que cette manifestation, festive, naquit historiquement à la suite des émeutes de Stonewall le 28 juin 1969, dans le quartier de Greenwich Village. Ces émeutes eurent lieu en réaction à des répressions policières à l'égard de la communauté homosexuelle.

Marche des fiertés à Paris, en 2013

I. 3. B. Agir ensemble quand il est difficile de le faire seul

La foule peut être un instrument puissant pour porter l'action publique. Là où l'individu, seul, isolé, ne parvient pas à peser sur le tissu ou les structures sociales, la foule, par sa masse, peut amener la société à se modifier, parfois en profondeur. Ce fut le cas de manière magistrale avec la "Marche sur Washington pour l'emploi et la liberté" le 28 août 1963. Cette marche, qui s'inscrivit dans le cadre de la lutte pour les droits civiques aux État-Unis, déboucha sur le vote du Civil Rights Act de 1964 et du Voting Rights Act de 1965. La marche, qui réunit 200 000 à 300 000 personnes débuta au Washington Monument et se termina au Lincoln Memorial, où Martin Luther King tint son célèbre discours "I Have a Dream".

I. 3. C. Rencontrer des pairs parfois inattendus

La foule n'est pas toujours homogène, au contraire. Elle peut être l'expression directe de l'hétérogénéité de la société. La foule peut être ainsi l'occasion de rencontrer des pairs, de revendication, totalement inattendus. Ce fut le cas lors de Mai 68 en France, de diverses manières. D'abord entre les étudiants, venus d'horizons différents et se retrouvant dans les revendications sociales et sociétales que le mouvement étudiant portait. Ensuite entre les étudiants et les ouvriers, tentative de convergence des lutte qui ne prit pas pleinement mais fut essayée.

L'actualité nous le rappelle d'ailleurs. À l'heure où la société se trouve atomisée dans des cercles de sociabilité extrêmement homogène, sur les plans social et politique, le mouvement populaire des "Gilets Jaunes" a fait se rencontrer et échanger des individus venus d'horizons politiques très divers, voire radicalement opposés. Pour autant, cette foule, spontanée, non rompue aux jeux des manifestations encadrées et déclarées, prit en France un aspect rapidement inquiétant aux yeux d'une autre partie de la société. Une violence sous-jacente demandait à s'exprimer et a trouvé là un canal où le faire.

II – Oui, la foule représente un danger

I - 1. Une masse qui pèse

II. 1. A. Plus qu'une simple somme des individus

Ainsi que nous l'explique Gustave Le Bon dans Psychologie des foules, la foule ne peut se réduire à la simple somme des individus qui la composent. Il existe pour le sociologue une "âme des foules" qui lui permet d'exister en tant qu'entité en soi, bien qu'éphémère. Et c'est cette entité en elle-même, mue par son principe interne, qui peut constituer une danger potentiel pour les individualités qui y participent. C'est ce que l'on peut observer dans les métros bondés, lorsqu'il s'agit pour les uns de s'extraire des wagons et pour les autres d'y entrer. L'effet de masse peut alors à tout le moins inquiéter. La vidéo qui suit illustre cela avec la situation du métro de Pékin aux heures de pointe.

II. 1. B. Mouvement de foule: la différence entre "crowd" et "mob"

Dès lors, on comprend que ce sont les mouvements de foule qui peuvent mettre en danger les individus. René Girard, dans Le Bouc émissaire, nous alerte d'ailleurs sur la différence, en anglais, entre deux termes distincts qui désignent la foule: "crowd", la foule statique, et "mob", la foule mobile qui répond à ce qu'il considère comme un "appel obscur". Au sein de ce type de foule, le risque devient alors celui de se faire emporter voire de se faire écraser.

II - 2. L'individu noyé dans la foule

II. 2. A. Comportement grégaire

Emporté par la foule, l'individu peut perdre de vue sa volonté propre et se laisser porter par le mouvement collectif. La foule incite ainsi l'individu à adopter un comportement grégaire, à être dans le suivisme. C'est ce que dénonçait il y a bien longtemps déjà Rabelais dans le Quart Livre avec l'épisode du "mouton de Panurge" (étudié ici). Il y est raconté la manière dont tout un troupeau de moutons se jette à l'eau dès lors que l'un de leurs congénères s'y trouve plongé. Le comportement grégaire des individus peut ainsi les conduire à situations périlleuses.

Illustration de l'épisode du mouton de Panurge

On peut aussi penser aux expériences de psychologie sociale montrant la soumission de l'individu face au groupe. Certes, la foule n'est pas qu'un simple groupe. Mais dans certains cas le groupe semble adopter des comportement de foule, par son unanimisme et son manque de recul et de discernement. Qu'on pense par exemple au public du faux jeu télévisé "La Zone Extrême", inventé dans le documentaire Le Jeu de la mort. Ce documentaire réinvente l'expérience de Milgram en y ajoutant une dimension télévisuelle. Le public du jeu télévisé pense être devant un véritable divertissement et suit la logique du programme sans se poser la moindre question ni réagir au fil du jeu et des décharges électriques prétendument reçu par le candidat. S'il y a soumission à une autorité - ici le chauffeur de salle - et pas immédiatement soumission au groupe comme dans l'expérience de Milgram, la masse constituée par ce public de 200 personnes peut évoquer une forme de foule au comportement totalement grégaire.

capture d'écran du documentaire "Le Jeu de la mort" (15'19'')

II. 2. B. La foule manipulée par quelques-uns

En creux du suivisme se donne à apercevoir l'influence que quelques-uns, des leaders, des représentants d'une forme d'autorité, peuvent avoir sur l'action de la foule. Celle-ci peut alors devenir l'objet de manipulation de ces individus. Des lectures politiques de cela peuvent évidemment être convoquées. Il suffit de penser aux persécutions dont les Juifs ont l'objet, menacés par des foules haineuses excitées par quelques meneurs malintentionnés. Et au-delà même des exemples historiques récents liés à l'Allemagne nazie, on peut aussi se rappeler l'histoire du Golem de Prague dans laquelle la communauté juive se trouvait déjà menacée par des foules vindicatives.

On peut aussi se tourner vers la fiction et le fantastique, notamment vers la figure du zombie. Individu uniquement mû par ses instincts, en l'occurrence sa faim, le zombie adopte par excellence un comportement grégaire. Dans le comics Walking Dead, de Robert Kirkman, l'humanité se trouve ravagée par un virus transformant les individus mordus en zombies. La plupart des survivants se terrent dans des lieux protégés des ravages provoqués par les Marcheurs. Mais une communauté particulière, les Chuchoteurs, a choisi de vivre parmi eux, endossant des peaux de zombies pour se fondre dans les hordes zombies. Ce faisant, ils peuvent manipuler le flux de ces zombies de l'intérieur et s'en servir comme d'une arme pour menacer les autres communautés qu'ils croisent, comme celle de Rick Grimes, le héros.

Planche issue du tome 24 de Walking Dead

Cette métaphore de la foule s'avère d'autant plus pertinente que René Girard, dans Le Bouc émissaire, nous rappelle que la foule est selon lui d'abord guidée par des instincts de persécution. Dès lors, à l'image du bouc émissaire, l'individu devient la victime de la foule.

II - 3. L'individu victime de la foule

II. 3. A. La foule menaçante et violente

La foule, revendicative, peut paraître agressive et inquiétante pour celui qui est témoin de son déploiement. Nous en avons des exemples récents avec les réactions de peur qu'a pu susciter le mouvement social des Gilets Jaunes en France lors de l'hiver 2018-2019. La foule est rapidement associée à l'idée de violence et de menace, pour l'ordre social mais aussi pour l'individu qui se trouverait pris à partie par elle. C'est aussi ce que l'on peut déduire de l'image fournie par le corpus et issue de Les Simpson, le film, de Matt Groening. Les différents individus qui la composent arborent des visages mécontents voire inquiétants. Et l'on se prend à imaginer une suite de l'action sous la forme de destructions de biens ou de lynchages d'individus.

capture d'écran du film de 2007 consacré à la série Les Simpson.

II. 3. B. Des victimes physiques directes

De manière directe, concrète et physique, la foule, par ses mouvements et sa masse, peut entrainer des conséquences dramatiques pour les individus. C'est ce que nous montre Laurent Mauvignier dans son roman Dans la foule qui raconte le drame du Heysel. Lors de la finale de la Coupe des Clubs Champions en 1985, opposant les équipes de Liverpool et de la Juventus de Turin, les assauts de hooligans anglais eurent des conséquences tragiques puisque 39 spectateurs de ce match perdirent la vie dans l'enceinte du stade du Heysel, à Bruxelles, où se déroula la confrontation. Par la manière de conduire son récit, Laurent Mauvignier nous plonge directement dans la douleur d'une des victimes du drame, Tana, qui tente de ne pas se diluer et disparaitre dans cette masse informe de la foule qui l'écrase. Un documentaire de la RTS, la Radio Télévision Suisse, rend compte de ce drame avec minutie.

I. 3. C. L'individu victime de la passivité et des conditionnements de la foule

Si l'individu peut être mis en danger par le comportement actif de la foule, il peut étonnamment l'être également, indirectement, par la passivité dont elle témoigne dans certaines circonstances. L'individu pris dans la foule passe ainsi son chemin sans aider son prochain dans le besoin.

Cette réalité a bien été mise au jour par différentes études de psychologie sociale autour de la question du conformisme. Les premières d'entre elles, les expériences de Asch ou de Milgram, mirent en évidence la soumission de l'individu au groupe ou à l'autorité. Dérivées de celles-ci, les expériences menées à la suite d'un fait de divers, le meurtre de Kitty Genovese, montrèrent que l'individu peut être témoin d'événements dramatiques ans intervenir, considérant sa responsabilité diluée dans celle du groupe et attendant de l'autre d'intervenir à sa place. C'est ce qu'on a nommé "l'effet de témoin". Cela s'est même révélé encore plus fort lors de l'expérience dite du "bon Samaritain".

Photo de Kitty Genovese, victime d'un meurtre atroce dont plusieurs voisins ont été témoin sans intervenir, chacun étant conscient que d'autres observaient de même qu'eux et attendant qu'ils prennent la responsabilité, à leur place, d'empêcher ce crime.

II. 3. D. Harcèlement: l'individu victime des meutes

Ainsi que nous l'explique Gustave Le Bon, la psychologie des foules n'implique pas nécessairement une grande quantité d'individus. La logique des foules peut s'observer dans des groupes restreints en termes de nombre. De la foule au groupe, la nuance semble donc à interroger, notamment lorsqu'il y a effet de meute et instinct de persécution, des phénomènes que René Girard attribue aux pulsions de la foule.

Le harcèlement implique une victime d'un groupe donné qui se comporte de sorte que ce que les individualités du groupe s'efface au profit d'une logique collective mêlant violence et surenchère. Ce harcèlement peut prendre un tour bien réel, mené par des pairs dans "la vraie vie" (IRL). On y fait surtout attention dans le milieu scolaire comme l'illustre la série télé américaine 13 Reasons Why.

Adaptée en 2017 du roman de Jon Ashley, cette série retrace l'itinéraire d'une lycéenne, Hannah Baker, victime de diverses rumeurs et mauvais traitements. L'accumulation de ces avanies tout au long de l'année la conduit au suicide, conséquence on ne peut plus tragique. Elle se trouve victime non seulement des agissements d'un groupe de pairs qui la harcèlent mais aussi de la foule indifférente voire hostile de ses camarades de l'établissement, prompts à porter des jugements définitifs sur des réalités dont ils ignorent pourtant tout.

Capture d'écran de la série 13 Reasons Why

Cet exemple met en lumière l'effet de meute qu'un groupe hostile peut générer. Et si cet effet peut directement s'observer dans la vie "réelle" des individus, elle occupe aussi une place prépondérante dans les réseaux sociaux. C'est exactement ce dont témoigne la récente "affaire" médiatique de la "ligue du lol", du nom d'un groupe facebook secret composé d'une trentaine de journalistes parisiens.

Ces derniers, entre 2009 et 2013 principalement, organisèrent des harcèlements sur la plateforme twitter à destination de collègues, principalement des femmes, des homosexuels et/ou des personnes racisées. Cela via leurs comptes ou via des comptes fictifs. La meute ainsi constituée en très large partie d'hommes, blancs, hétérosexuels, instaure un régime de pouvoir mêlant terreur et fascination. Cela rentre dans la logique des "boy's clubs" dérivés de l'Angleterre du 19e siècle. Harcèlement, persécution, comportement grégaire y sont la norme. C'est la structure sociale elle-même, et sa propension à tolérer voire encouragement une culture viriliste, qui permet à la foule de s'organiser autour de meutes violentes afin de détruire tant que faire se peut l'individu qui tente d'échapper aux injonctions que la meute lui adresse.

Created By
aurélien pigeat
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