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Un combat oublié : points de vue féministes sur le vieillissement Illustration : "Photographs of Women by Women," 10-001-S5-I144, Collection des Archives Canadiennes du Mouvement des Femmes (ACMF).

Une exposition de Clothilde Chevalier

Illustrations © Archives et collections spéciales de l'Université d'Ottawa

Les femmes ne sont pas censées vieillir

Alors que les auteures féministes de la fin des années 1960 et du début des années 1970 s'efforçaient d’abolir les inégalités auxquelles les femmes étaient confrontées, elles ont constaté que la plupart des discriminations s’exacerbaient au fur et à mesure que leur âge avance. Susan Sontag, dans son article révolutionnaire publié en 1972 dans le Sunday Review of The Society, a identifié le "double standard du vieillissement" comme le principal obstacle auquel sont confrontées les femmes qui vieillissent. ”La convention sociale selon laquelle le vieillissement améliore un homme mais détruit progressivement une femme est un instrument d’oppression”, écrit-elle. La société, explique Susan Sontag, valorise les femmes pour leur sexualité ; on perçoit donc que la valeur des femmes diminue à mesure que leurs capacités de reproduction s'amenuisent.

La sociologue Judith Posner souligne dans son célèbre ouvrage intitulé "Old and Female, the Double Whammy" que le mépris à l'égard des femmes âgées combine deux stigmates : la perception d’une infériorité féminine en raison de leur dépendance à l'égard des hommes et la répulsion collective à l'égard de la faiblesse, de la décrépitude et de la mort.

Afin de combattre ces stéréotypes et d'encourager les femmes âgées à partager leurs expériences, les militantes ont créé des ateliers et des séances de lecture qui ont fourni aux femmes âgées des stratégies pour rompre leur isolement. Ces ateliers avaient également pour but de déstigmatiser et de favoriser la prise en compte du vieillissement chez les femmes.

Illustration : "An Evening for Older Women," 1986, 10-006-S4-F245, Fonds Helen Levine.

L'atelier : " Vieillir dangereusement ", organisé par le centre Wisdom of Women, visait à "aider [les femmes] à prendre de très petits ou de très gros risques pour avoir une vie plus intéressante, plus excitante et plus libérée ". Les participantes étaient réparties en trois groupes : 40-60 ans, Lesbiennes 40+ et 60 ans et +. Ce dernier groupe était dirigé par Helene Levine, figure de proue de la défense des femmes âgées contre la stigmatisation sociale. Image (ci-dessous): "Aging Dangerously," 1997, 10-006-S4-F42, Fonds Helen Levine.

Militante et travailleuse sociale féministe, Helen Levine était devenue de plus en plus frustrée par les pressions subies par les mères et les femmes en général. Cela l'a amenée à faire du bénévolat pour des organisations qui défendent les droits des femmes. Elle a donné des cours en études féministes à l'Université Carleton et a co-fondé l'Internal House d'Ottawa, un refuge pour femmes victimes de violence conjugale. Après sa retraite, elle a été bénévole pour la Older Women's League et a également fondé ‘The Crones,’ un groupe dédié aux femmes âgées. Helen Levine a développé de nombreuses activités pour les femmes âgées. Elle a organisé des ateliers ("A workshop for Women of All Ages Not Born Yesterday") et a également organisé des projections de films/courts métrages et animé des discussions ("An Evening for older Women" par Women's Place, 1986), tout en dirigeant des séminaires universitaires sur le thème du viellissement chez les femmes ("Issues on Aging, A Social Work Perspective - Session X Women and Aging," 1983).

À partir du milieu des années 1980, le mouvement féministe dans son ensemble a commencé à aborder le thème du vieillissement, comme en témoigne le nombre croissant d'articles et d'essais publiés à ce sujet. Parmi ceux-ci figure l'ouvrage pionnier de Barbara McDonald, "Look me in the Eye : Old Women, Old Age and Ageism", publié en 1984. En 1986, un livre intitulé "Women and Aging : an anthology by women" a également rassemblé diverses perspectives sur le sujet, dont l'article de Shevy Healey exprimant sa réaction personnelle face à l'âgisme (c’est-à-dire l’ensemble des discriminations contre les personnes âgées). Elle écrit que lorsqu'elle a été qualifiée pour la première fois de "grand-mère", elle s'est battue contre ces stéréotypes, prenant même un rendez-vous pour un lifting du visage. Mais elle a fini par comprendre que "ce n'est pas le vieillissement qui est horrible, ni les problèmes physiques qui l'accompagnent, mais la façon dont la société traite les femmes âgées et leurs problèmes".

Dans son essai de 1988, Susan McDaniel analyse les mouvements luttant contre l’âgisme tels que les "Panthères grises" américaines et les manifestations couronnées de succès de 1984 pour la réforme des retraites. La frustration née de l'âgisme, du sexisme et de la pauvreté, a-t-elle expliqué, a motivé les femmes à agir. Selon Susan McDaniel, le vieillissement peut même représenter une libération des rôles rigides des sexes, permettant aux femmes de revendiquer leur place dans la société.

Illustration : "Helen Levine: L'œuvre de toute une vie," [1998], 10-006-S9-F5, Fonds Helene Levine.

Aujourd'hui, des organisations telles que les Mémés déchaînées (Raging Grannies) permettent aux femmes âgées de continuer à participer pleinement à la société. Image (ci-dessous): "Raging Grannies, Calgary," [1999-2007], 10-100-F8, Ethel Lisbeth Donaldson fonds.

Autorise-t-on les lesbiennes à vieillir ?

Dans les années 1980, les mouvements et communautés LGBTQ+ ont davantage contribué aux discussions sur l'âgisme et le sexisme et leurs effets combinés sur les femmes. Ces groupes ont mis en lumière l'influence de l’orientation sexuelle sur le vieillissement des femmes.

L'organisation à but non lucratif "Gays and Lesbians Aging" a été fondée en 1985. Principalement axée sur sa propre communauté, elle offrait un soutien à ses membres vieillissants en organisant des rencontres et en proposant des séances éducatives. Le projet promouvait l'entraide comme moyen de lutter contre la discrimination et la marginalisation, en accord avec les valeurs des groupes LGBTQ+.

Les archives des femmes de l'Université d'Ottawa conservent un article publié par la Women's Press en 1988 : "Living in the Margins : Lesbian Aging", par Jeanette A. Auger. Elle remarque que la presse féministe omet souvent de parler des activités sexuelles des femmes âgées, sans parler des femmes lesbiennes âgées, perpétuant ainsi la notion sociale répandue selon laquelle les personnes âgées sont des êtres asexués. Jeanette A. Auger souligne que le stéréotype des femmes lesbiennes âgées comme étant asexuées, laides et globalement inintéressantes perdure non seulement à cause de l'âgisme et de l'homophobie, mais aussi parce que la communauté lesbienne elle-même ne sait pas toujours comment remettre en question cette croyance. C'est ce qu'elle souligne dans l'une de ses premières déclarations : "... Les vieilles lesbiennes sont considérées comme n'existant pas, non seulement au vu des médias mais souvent aussi de la communauté lesbienne elle-même."

Les femmes lesbiennes âgées sont confrontées aux mêmes discriminations que leurs homologues hétérosexuelles, auxquelles s'ajoute le poids de l'homophobie. Ces discriminations sont particulièrement visibles dans les établissements de soins pour personnes âgées et sur le marché du logement. De nombreux militants des années 1980 ont discuté de la création de communautés de vie coopératives pour les femmes lesbiennes, qui offriraient des environnements de vie sûrs et des soins de santé accessibles et solidaires.

L'essai de Catherine Colette, "Gay and Gray", publié en 1993, montre à quel point ce type d'environnement de soutien peut être important. Son travail propose des recherches préliminaires sur les lesbiennes âgées et vise à façonner la politique d'aide sociale. Rédigé pour l'École de travail social de l'Université Carleton, il démontre également que le sujet est devenu suffisamment "courant" pour être discuté par des universitaires au début des années 1990.

Collette constate des similarités avec les communautés lesbiennes : au moment de son étude, la plupart d'entre elles n'avaient pas d'enfants et étaient victimes de discriminations dans les secteurs de l'emploi, de la santé et du logement. Elle note également que les cultures et les communautés lesbiennes procurent à leurs membres un sentiment de famille et d'appartenance significatif. En conséquence, l'auteur encourage les programmes sociaux destinés aux femmes lesbiennes, afin que les pairs puissent se rencontrer et partager des expériences communes en vieillissant.

Illustration: Bannière pour la Journée Internationale des femmes de Toronto de 1987, 10-001-S3-I330, Collection des Archives Canadiennes du Mouvement de femmes (ACMF). © Johanne Pelletier.

Prendre sa retraite du travail domestique

Les associations soulignent la nécessité pour les femmes âgées de devenir indépendantes économiquement. Le système de revenu de retraite du Canada présentait de nombreuses caractéristiques qui avaient un impact négatif sur les femmes. Les femmes ayant un revenu rencontraient des difficultés avec les régimes de retraite, les impôts et les prestations de retraite, tandis que les femmes sans revenu, comme les veuves, étaient limitées par les conditions d'accès (notes pour un atelier de l'Association canadienne de gérontologie, 1979).

En Ontario, une institution en particulier a été à l'origine de la plupart des rapports et des progrès en matière de retraite pour les femmes âgées : le Conseil ontarien de la condition féminine. Créé en 1973, il avait pour tâche de soutenir les revendications du mouvement des femmes et de faire pression sur le gouvernement pour atteindre ces objectifs. Son premier rapport a été envoyé à la Commission royale d'enquête sur l'état des retraites en 1977. Il comprenait des recommandations concernant les prestations de veuvage et le retrait du statut marital comme critère de pension. Un autre mémoire sur les "stratégies d'emploi pour les femmes dans les années 1980" insistait sur la nécessité de créditer les femmes pour le temps qu'elles consacrent à l'éducation des enfants.

Alors que les premiers rapports sur les femmes âgées mettaient l'accent sur la lutte contre la pauvreté et l'équilibre des systèmes de retraite, le " Rapport soumis au gouvernement de l'Ontario sur les femmes et le vieillissement ", publié en 1982, a inclut plus largement plusieurs aspects de la vie des femmes âgées. Il explique comment les femmes sont personnellement affectées par la perte de leur statut d'"épouse" et/ou de "mère", et à quel point elles sont mal préparées à la retraite. Beaucoup d'entre elles s'attendent à être prises en charge par leur mari ou leurs enfants, mais après la retraite, elles deviennent responsables de leurs propres besoins économiques - des besoins qui ne sont pas satisfaits en raison d'un salaire faible et/ou d'une pension de retraite limitée.

Afin de mieux soutenir les femmes âgées, l'OSWC conseille de réformer le droit de la famille et de la succession pour faciliter le maintien à domicile des "personnes âgées fragiles" (personnes handicapées) et recommande également des systèmes de colocation et un meilleur accès aux transports.

En 1991, un document du Conseil consultatif sur les questions féminines de l'Ontario considère divers problèmes auxquels sont confrontées les femmes qui vieillissent, tels que la stigmatisation et le déclin des relations sociales, la santé et les conditions de vie. Le document inclut des considérations spécifiques pour les femmes handicapées, les femmes autochtones et les femmes qui vivent en milieu rural, afin de faciliter une compréhension plus approfondie des femmes âgées au Canada.

Illustration: Macaron, 1980, 10-037-S4-I4, Fonds de l'Institut des études pédagogiques de l'Ontario (OISE).

"Retirement for women: compulsion or choice," 1988, 10-014-S2-F519, Collection Nellie Langford Rowell Library.

Au niveau national, une brochure du Conseil consultatif canadien sur la condition féminine publiée en 1986 rassemble des rapports et des statistiques qui soulignent la nécessité de continuer à fournir un soutien aux femmes âgées. Partant de l'allongement frappant de l'espérance de vie (78 ans pour les femmes, 71 ans pour les hommes), il indique que 80 % des femmes canadiennes de plus de 75 ans sont soit veuves, soit divorcées, soit célibataires. Pourtant, plus de la moitié des femmes célibataires de plus de 65 ans n'ont pas de régime de retraite d'entreprise et 335 000 vivent dans la pauvreté. Ces chiffres démontrent les inégalités sociales fondées sur le sexe qui touchent les femmes âgées.

Le combat ne s’arrêtera pas

Dans le sillage de la réforme des retraites et de la sensibilisation croissante de la société aux problèmes des femmes âgées, le secteur médical a également commencé à produire ses propres études sur les femmes vieillissantes, notamment des études réalisées par des gérontologues, des gynécologues et des psychologues. Les militantes ont suscité des débats sur la ménopause et la question de savoir s'il fallait la traiter avec des hormones synthétiques. Des études plus approfondies ont prouvé que l'environnement psychologique des femmes était plus important que les changements hormonaux pour influencer leur bien-être. Ces résultats soutiennent les organisations féministes dans leur lutte pour remettre en cause les opinions de la société sur les femmes âgées, prouvant ainsi que le changement social a des effets substantiels et mesurables sur la vie des gens.

Illustration: "Osteoroposis drawing," [1997], 10-093-S4-F19, Fonds des Presses de la Santé de Montréal, © Anne Massicotte.

L'article de Catherine Colette de 1984 sur la santé mentale non genrée et le vieillissement prouve que "beaucoup des problèmes que les personnes âgées évoquent en psychothérapie sont en partie le résultat de leur intériorisation des stéréotypes ou des mythes de la société sur les personnes âgées." Grâce à son travail de psychogériatrie en milieu rural, elle a su repérer les termes dépréciatifs que les femmes utilisaient pour se décrire.

"Couverture de 'La ménopause'", 1997, 10-093-S4-F19, Fonds des Presses de la Santé de Montréal.

La même année, un article de Dolores Gold dans Canadian Women Studies, a examiné les expériences différentes des femmes et des hommes en matière de vieillissement. Il évalue le bien-être psychologique en comparant plus de 400 personnes de plus de 65 ans de la région de Montréal. Les chercheurs ont constaté que les facteurs socio-économiques étaient des causes importantes des niveaux élevés d'anxiété et de stress des femmes âgées. Les enquêtes ont également souligné les stéréotypes négatifs de la société à l'égard des personnes âgées, notamment des femmes âgées et de leurs capacités cognitives.

Les études scientifiques dans le domaine médical, ainsi que celles en sociologie et en droit, encourageant les universitaires à approfondir l'enseignement et l'étude des problèmes liés au vieillissement des femmes. Les archives féminines de l'Université d'Ottawa conservent les documents d'un concours de dissertations d'étudiants sur le thème "Les femmes et le vieillissement", organisé par l'Association des femmes et du droit. Les articles cités dans cette exposition, tels que "Getting Older and Better" de Susan McDaniel et "The Double Whammy" du Dr Judith Posner, ont servi de base à des conférences données aux universités de Toronto et de Waterloo.

C'est grâce à l'activisme engagé des femmes que la société commence à reconnaître les problèmes auxquels sont confrontées les femmes âgées, problèmes encore trop souvent marginalisées et sous-considérés socialement.

Les Archives et collections spéciales de l'Université d'Ottawa s'engagent à faciliter l'accès aux documents relatifs aux personnes et aux organisations qui ont œuvré à l'amélioration de la condition féminine au Canada, y compris ceux des communautés sous-représentées.

Illustration : « Études de genre », 2010, ©Christopher P. Michel.

Sources Primaires

FONDS DE LA COLLECTION DES ARCHIVES CANADIENNES DU MOUVEMENT DES FEMMES (ACMF / CWMA)

Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme (CCCSF) / Canadian Advisory Council on the Status of Women (CACSW) – Brochures : 10-001-S1-F330 8-3

Association Canadienne de Gérontologie : 10-001-S1-F345 8-18

Conseil ontarien du statut de la femme / Ontario Status of Women Council – Communiqués : 10-001-S1-F2451 74-31

"Gays and Lesbians Aging": 10-001-S1-F1036 28-29

"Aging", Coupures de presse, correspondance et feuillets d'information: 10-002-S19-SS3 22-3

HELEN LEVINE FONDS

"Gay and Gray: The Needs of Lesbian Elders", 'Mental Health and Aging": 10-006-S3-SS3-F10 4-20

"Sex Differences in the Experience of Aging": 10-006-S3-SS5-F141 11-46

“Growing to be an Old Woman: Aging and Ageism": 10-006-S3-SS5-F162 12-16

"Aging dangerously workshop records": 10-006-S4-F42 18-17

"The double standards of aging article": 10-006-S4-F231 22-23

"Aging workshop records": 10-006-S4-F245 23-4

THE WOMEN'S PRESS FONDS

Khyatt, Didi, Lesbian Studies Articles: 10-012-S2-SS3-F24 11-15

FONDS DE L'ASSOCIATION NATIONALE DES FEMMES ET DU DROIT / THE NATIONAL ASSOCIATION OF WOMEN AND THE LAW FONDS

Second Essay Contest (1987-1988) Women and Aging: 10-036-S6-F2 18.2

FONDS DE L'INSTITUT CANADIEN DE LA RECHERCHE SUR LES FEMMES / CANADIAN RESEARCH INSTITUTE FOR THE ADVANCEMENT OF WOMEN FONDS

Feminist Perspectives # 11 - McDaniel S. et al. - Getting older and better. Women and gender assumptions in Canada's aging society: 10-042-S12-F13 18.8

FONDS DU PROGRAMME EN ÉTUDES DES FEMMES, UNIVERSITÉ D'OTTAWA / WOMEN'S STUDIES PROGRAM, UNIVERSITY OF OTTAWA FONDS

Ontario Advisory Council on Women's Issues - Raising the issues: A Discussion paper on Aging women in Ontario: 10-050-S3-F21 2.30

RÉFÉRENCES SUPPLÉMENTAIRES

Beauvoir, Simone de. La vieillesse. Paris : Gallimard, 1970.

Bozon, Michel, Juliette Rennes, and Siân Reynolds. “The History of Sexual Norms: The Hold of Age and Gender". Clio. Women, Gender, History. Number 42, 2015, pp. 7–23.

Browne, Colette. Women, Feminism, and Aging. New-York: Springer, 1998.

Charpentier, Michèle, et al. "Les femmes aînées et l’engagement social : une analyse exploratoire du cas des Mémés déchaînées." Lien social et Politiques. Number 51, 2004, pp. 135–143.

Dulude, Louise. Women & Aging: A Report on the Rest of Our Lives. Ottawa: Advisory Council on the Status of Women, 1978.

Macdonald, Barbara, and Cynthia. Rich. Look Me in the Eye : Old Women, Aging, and Ageism. London: Womens Press, 1984.

Robert, July. "Vieillir femme". La Revue Nouvelle. Volume 11, Number 3, 2022, pp. 43-48.