En l'espace de 2 ans, les Loups prennent position pour la deuxième fois dans le secteur du Chablais vaudois, entre Aigle et la place d'armes du Petit Hongrin. "Mais je la connais par coeur cette place d'armes!" ou encore "J'espère qu'il ne pleuvra pas au merdasson", font partie des quelques interjections interceptées à l'entrée en service des cadres. Jusque là, rien d'anormal, c'est ce qu'on appelle la routine…
"On gueule beaucoup contre la routine, mais il suffit d'en sortir pour se rendre compte que c'est le prix de la paix." Jean-Louis Gagnon, journaliste et ancien ambassadeur du Canada auprès de l'Unesco à Paris au cours des années 1970 en faisait ainsi sa définition. Chacun interprêtera cette citation à sa manière, bien qu'elle ouvre la discussion sur les avantages d'une telle routine: les repères, la familiarité, les bases solides, des processus déjà acquis, des camaraderies déjà formées, etc.
C'est donc bien sur une "routine" qu'a débuté le cours de cadres le 19 juin dernier, noyé par la bonté d'Hélios qui nous rappelle, à peine sorti du train, du besoin nécessaire de s'hydrater tout au long de la journée. Le roulement de travail s'en est suivi de manière traditionnelle, entre réception du matériel, instructions PRONTO et visites de corps. Notons tout de même les venues du commandant de la div ter 1, le divisionnaire Mathias Tüscher et du commandant de la Patrouille des Glaciers, le brigadier Christian Sieber. Ce dernier, ambassadeur exemplaire de la mythique course de ski-alpinisme, venu d'ores et déjà scruter les futurs meilleurs skieurs du bataillon. Mais gardons cette histoire pour plus tard…
Bonne lecture!
Des plaines au sommet, un destin tout tracé
Au-delà de sa renommée internationale et ses dénivelés légendaires, la mythique course de la Patrouille des Glaciers s'ancre dans un cadre militaire historique dont la tradition a débuté en 1943.
Les listes d'inscriptions pour y participer s'étoffent d'année en année (chanceux sont désormais ceux qui sont sélectionnés!), l'évènement est médiatisé au-delà de nos frontières (la duchesse de Cambridge Pippa Middleton y a même participé en 2016, nos camarades du bat car 1 s'en souviendront) et l'esprit du ski-alpinisme rayonne, notamment grâce à l'engagement inégalé des troupes de milices.
C'est ce mardi 20 juin que le cdt PdG, le br Christian Sieber est venu s'adresser aux cadres du 19. Suivant une présentation de la course, de ses enjeux et implications, il aborde sans plus tarder le vif du sujet qui concernera directement les Loups du 19: la recherche de bons skieurs (et non, le snowboard n'est pas autorisé!)
Bataillon d'engagement planifié durant l'évènement qui se tiendra l'année prochaine fin avril (préparez vos agendas - ou avertissez déjà vos employeurs), le bat inf 19 aura le privilège d'appuyer L'EM PdG ainsi que les instances civiles dans l'organisation de la course et voir ses efforts récompensés par une expérience hors du commun et des souvenirs uniques – en particulier pour le détachement de bons skieurs d'ores et déjà recherchés pour occuper des postes clés le long du parcours, parfois à plus de 3000m d'altitude!
Un exemple: sur le poste des Hauts, points de passage stratégique à mi-parcours de la course A1 Zermatt-Verbier, le Loup pourra vivre une expérience singulière, qui demande inéluctablement une bonne condition physique, une certaine résilience et - sans surprise - une affinité envers l'univers de la montagne. "Dans 30 ans, vous en parlerez encore", ajoutait le brigadier. Le travail collaboratif entre les différentes fonctions déployées sur le poste (médecin, cuisiniers, sections militaires étrangères, etc.) est certes éprouvant, mais offre un cadre idéal pour découvrir la course de l'intérieur, surtout pour les amateurs de montagne.
Les destin fait bien les choses: le Loup rejoindra donc les montagnes après son passage en plaine cette année.
Interessés? Annoncez-vous dès aujourd'hui à votre commandant de compagnie!
Crédits photo: Club Alpin Suisse (CAS)
Deutschqualität pour la cp appui inf 19/4
Une quinzaine de sous-officiers se sont rendus en salle de théorie à Aigle afin de se former aux nouveaux dispositifs du système TSMS19 (Taranis Swiss Mortar System 19). La solution Taranis Swiss Mortar System, basée sur le système de commande et de contrôle ADLER III, a fait ses preuves en tant que système de conduite de tir pour le Mortier 19 8.1cm (MO19) suisse dans le cadre du remplacement du LM72.
Après un processus de sélection intensif dans le cadre du projet de renouvellement du mortier, l'Armée suisse - représentée par Armasuisse - a choisi la solution TSMS développée par ESG Elektroniksystem- und Logistik-GmbH comme son futur système de conduite de tir. TSMS est basé sur le système de commandement et de contrôle de l'artillerie allemande ADLER III, qui a fait ses preuves au cours de décennies d'utilisation par la Bundeswehr. ESG et son système ont remporté le mandat au lendemain d'une évaluation complète de deux ans (y compris des tests sur le terrain) en concurrence avec des systèmes d'autres fabricants. TSMS assure une connexion numérique efficace entre l'observation, la conduite de tir, le guidage et le nouveau MO19, à l'aide entre autres d'un appareil de pointage et d'un nouveau logiciel de direction des feux à transmission entièrement numérique allant des données d’acquisition de la cible au départ du coup.
Le système se distingue par la flexibilité qu'il offre pour incorporer divers capteurs, tels que l'imagerie thermique et les télémètres laser, à la fois avec des câbles et sans fil, ainsi que divers moyens de communication.
Les cadres de la cp appui inf 19/4 se sont formés en long et en large et les spécialistes lance-mines de la troupe se feront sans doute un plaisir de manipuler cette nouvelle arme.
CORAZZA, CORAZZA!
Météosuisse nous avait pourtant prévenu! En milieu d'après-midi jeudi dernier, le plateau - tout comme le secteur de L'Hongrin et surtout celui de la Pierre du Moëlle - a été le théâtre d'un affrontement climatique entre trombes de pluies diluviennes et rafales de vents tropicales. D'une échelle de 3 sur 5, le changement brusque de météo comportait des risques certains à l'engagement des militaires sur les différents emplacements d'instruction.
C'est là qu'entre en jeu l'état-major de bataillon. Véritable fourmilière composée de majors, capitaines, premier-lieutenants et autres sous-officiers (sans oublier le commandant de bataillon lui-même), son travail de planification axé sur la collaboration de spécialistes (personnel, renseignement, engagement, logistique, transmission) doit prendre en compte toutes les variantes possibles et imaginables liées aux éventuels risques du cours de répétition, y compris les menaces liées à la météo.
Si la météorologie est finalement une science qui permet de connaître le temps qu'il aurait dû faire, le cdt bat, le lt col Fabien Produit et son état-major, avaient anticipé une possible perturbation du programme et on réussi à réagir à temps, en ordonnant les différents commandants de compagnies en temps et en heure. L'appréciation de la situation météorologique par l'officier renseignement (S2) a, par exemple, grandement contribué à l'élaboration d'un nouveau programme de travail et à la sécurité des personnes dans les zones les plus tempétueuses. La gestion de planification - tant au niveau du personnel que du matériel - et la capacité d'adaptation des cadres a certes été mise à l'épreuve, mais tout s'est finalement bien déroulé; une preuve de conduite exemplaire.
100 km au bout de la nuit
"Ensemble plus forts!" Si certains reconnaîtront peut-être la devise du lt col EMG Edouard Vifian - un ancien Loup que nous saluons au passage - lors de son commandement du bat car 1, cette devise s'applique parfaitement aux conditions de compétition que représente la course des 100km de Bienne.
Menée par le cap Borioli, actuel chef engagement du bataillon (S3), la patrouille du 19 s'est hissée brillament sur les marches du podium le 9 juin dernier, au terme de 8 heures de course en relais. En prime, la patrouille a décroché le challenge de la div ter 1, pour lequel un prix leur a été descerné par le div Mathias Tüscher en personne. Nous ne pouvons que les féliciter et les remercier de représenter les Loups.
L'effort physique intense (demandez vous-même au cap Borioli!) associé à la bonne ambiance et l'engouement pour l'esprit de compétition ont été les ingrédients d'un succès mérité, que le plt Leu, équipier du cap Borioli lors de la course et ancien camarade au sein de la cp appui inf 19/4, réitérera avec plaisir l'an prochain.
News armée suisse: engagement au kosovo
SWISSCOY: horizon 2026
C'est un Oui du National ce jeudi pour prolonger la présence de la SWISSCOY, le contingent de l'Armée suisse au Kosovo, dans ledit pays. La chambre basse du Parlement accepte aussi de lui accorder une certaine marge de manœuvre en matière d'effectifs.
La SWISSCOY doit rester engagée au Kosovo jusqu'à fin 2026. Le Conseil national a accepté jeudi par 122 voix contre 44 et 11 abstentions de prolonger sa présence, ainsi que de lui accorder une certaine marge de manoeuvre en matière d'effectifs.
La présence de la Kosovo Force (KFOR) reste indispensable dans ce pays où la situation est toujours fragile, a souligné Pierre-Alain Fridez (PS/JU) au nom de la commission. Les tensions restent très marquées, notamment dans le nord, comme l'ont montré les violences qui ont éclaté à la fin mai.
Si l'expérience d'un service à l'étranger vous tourne en tête depuis un moment, n'hésitez pas le faire savoir à votre supérieur hiérarchique!
Crédits photo: Jean-Christophe Bott, Blick.ch
SWISSINT: un Loup se mue en fennec dans le désert du Sahara occidental
Chaque année la promotion de la paix dans le cadre d'opérations internationales est l'une des 3 missions de l'Armée suisse. Par leur engagement à l'étranger, quelques 280 volontaires suisses contribuent quotidiennement à la paix dans des régions marquées par des conflits et des guerres qui rendent impossible la coexistence pacifique des populations. RETEX de l'adj sof Carlo Jost qui a vécu une de ses missions en 2021. Interview.
Pouvez-vous vous présenter?
Je suis l'adjudant sous-officier Carlo Jost, originaire de Viège (VS) mais j'habite à présent à Baden. Je travaille comme militaire professionnel et j'effectue actuellement un paiement de galons pour la fonction de sous-officier d'état-major. En 2021, j'ai effectué une mission à l'étranger pour l'ONU (SWISSINT).
Quelle est la fonction que vous avez occupée lors de cette mission auprès de l'ONU?
J'ai occupé la fonction de Logistic Adviser dans le cadre du déminage humanitaire au Sahara occidental. J'étais principalement en charge du management de la logistique.
Qu'est-ce qui vous a motivé à suivre cette mission?
C'est une opportunité unique au niveau professionnel. Cette expérience t'ouvre des portes et des opportunités professionnelles. À la base, on m'avait proposé d'aller au Kosovo pour la KFOR mais je voulais voir les autres possibilités et c'est à ce moment-là qu'on m'a proposé cette mission pour l'ONU. Je me suis tout de suite dit que ce serait une expérience unique dans une vie.
Combien de temps a duré votre engagement?
C'était prévu de faire 1 année mais après 1 an j'ai décidé de rester une année de plus car l'ambiance était cool: j'ai eu énormément de plaisir. Le travail était bien et varié donc au final, je suis resté 2 ans là-bas.
Quels sont les similarités ou différences avec l'Armée suisse?
Les deux organisations sont très grandes, les processus sont assez similaires car cela demande beaucoup de temps.
J'étais le seul Suisse à y travailler sinon, il y'avait que des gens d'autres pays et même d'autres continents. Je pense que c'est la chose la plus différente par rapport à l'Armée suisse, où l'esprit de camaraderie se développe rapidement.
Pour conclure, est-ce que cette expérience a répondu à vos attentes?
Oui définitivement. Alors c'est clair qu'au début j'ai pensé que ça allait être vraiment difficile car j'ai tout laissé, mon appartement, ma famille, ma copine pour vivre cette expérience. Mais au final, on s'y habitue rapidement.
J'ai vraiment apprécié et pris du plaisir dans cette expérience, et c'est une décision que je ne regrette absolument pas.
News internationales
La montée en puissance du Dragon
La montée en puissance militaire de la Chine inquiète depuis un certains temps les États-Unis. S'ils restent la première puissance militaire mondiale, les États-Unis marquent de plus en plus le pas vis-à-vis de leur rival chinois, qui multiplie les investissements. État des lieux en marge de la visite à Pékin du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken lundi dernier.
Malgré la bonne volonté affichée par le président chinois Xi Jinping et le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui a achevé lundi une visite de deux jours à Pékin, de profonds désaccords demeurent entre les deux puissances, notamment sur la très épineuse question des liens entre les États-Unis et Taïwan, île revendiquée par la Chine.
Bataille navale
D'un côté, la Chine multiplie les exercices militaires et les provocations à proximité de Taïwan et de l'autre, les États-Unis renforcent leur présence dans la région.
"Tout est question de dissuasion. L'idée, c'est que, si l'Occident et les alliés de l'Ouest dans la région Asie-Pacifique parviennent à démontrer qu'ils ont suffisamment de force, s'ils sont suffisamment puissants dans cette zone, alors ils parviendront à dissuader la Chine d'agir", a expliqué un professeur dans le 19h30 sur la RTS (Radio Télévision Suisse).
Alors que les incidents se multiplient un expert, qui conseille le Pentagone, ne cache pas son inquiétude. "La Navy n'est plus la première marine au monde", regrette-t-il. "Même si les États-Unis ont une supériorité technologique, il y a un point de bascule au-delà duquel l'adversaire est juste trop grand."
Si elle garde - pour l'instant - l'avantage avec ses sous-marins et ses porte-avions, la Navy américaine souffre en effet de la comparaison avec la Marine chinoise, qui compte davantage de navires. Et le fossé devrait s'agrandir. La Chine, qui avait 340 bateaux en 2021, en comptera 440 en 2030.
En face, les Etats-Unis ne suivent pas la cadence, passant de 294 navires en 2021 à 290 en 2030.
Crédits photo: USNI
Retour en images sur la semaine Cours de cadres.
"L'armée enseigne aux hommes à faire des choses qu'ils ne pensaient jamais pouvoir accomplir." - William Tecumseh Sherman
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